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Le syndicat du personnel de l’ONU a mis en doute vendredi une pétition de soutien au secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, confronté à une série de scandales, et signée par des milliers d’employés. Lors d’un vote jeudi soir, le syndicat du personnel de l’ONU a adopté une résolution critiquant cette pétition adressée par e-mail mercredi à tous les employés de l’organisation, et qui dénonce l’"atmosphère empoisonnée" créée par les allégations de corruption et de malversations au sein de l’ONU. "Il est impératif que les membres du personnel de l’ONU restent unis et ne soient pas des jouets dans les mains des critiques qui voudraient déstabiliser l’organisation de l’intérieur", dit la pétition qui aurait été signée par plus de 3.000 employés. Dans sa résolution obtenue par l’AFP, le syndicat du personnel proteste contre le caractère "vague" de ce texte, et affirme qu’il pourrait être utilisé pour "admonester publiquement" les employés qui ne l’auraient pas signé. Le syndicat demande à la direction des explications complètes sur l’origine de cette lettre et le fait qu’elle ait pu être diffusée grâce au système de communication interne Des membres du syndicat ont estimé que l’e-mail pourrait avoir été fabriqué par de hauts responsables de l’ONU, cherchant à susciter une démonstration de solidarité du personnel. Selon une source du bureau du porte-parole de l’ONU, un total de 70 noms est requis pour autoriser la circulation d"une pétition interne sur l’intranet de l’organisation. En privé, des responsables proches de Kofi Anan mais aussi d’autres employés de l’ONU ont critiqué le syndicat, affirmant qu’il ne reflétait pas le sentiment du personnel qui tenait M. Annan en haute estime. Plusieurs enquêtes sont en cours sur l’ancien programme "pétrole contre nourriture" de l’Onu en Irak, qui est au centre d’un énorme scandale de corruption, et la presse américaine a multiplié ces derniers jours les appels à la démission de M. Annan, dont le fils Kojo a directement été mis en cause. Le secrétaire général fait également l’objet de critiques pour avoir blanchi des membres de sa direction accusés de harcèlement sexuel et malversations.
Agence France-Presse 03 - 12 - 2004 |