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Le syndicat du personnel des Nations unies a voté vendredi une motion dans laquelle il exprime son "manque de confiance" à l’égard de la direction de l’Onu, frappée par une série de scandales, tout en maintenant son soutien au Secrétaire général Kofi Annan. "Nous avons voté une motion demandant de la transparence (...) Nous avons informés (les dirigeants) du manque de confiance envers la direction", a déclaré la présidente du syndicat, Rosemarie Waters, à l’issue du vote. "Notre perception de la direction est claire : ils ne sont pas transparents et ils ne rendent pas de comptes", a-t-elle ajouté. Une précédente version du texte évoquait même une motion de défiance, et selon certaines sources, englobait, sans le nommer, Kofi Annan, ce qui aurait été une première dans l’histoire des Nations unies. Selon Mme Waters, le projet a été revu, car il aurait pu laisser penser que Kofi Annan était inclus dans la critique. "Il aurait pu donner lieu à une interprétation incorrecte", selon elle. Concernant M. Annan, la présidente du syndicat a déclaré : "Nous avons confiance en lui, nous le soutenons entièrement, il fait un travail difficile, dans des circonstances difficiles, il fait de son mieux". "Nous voulons seulement que les hauts responsables fassent preuve de la transparence et de la responsabilité qu’il a prescrites pour l’organisation". "La confiance est faible en la direction", a-t-elle insisté, tout en assurant que "certains hauts responsables sont impeccables et mènent les affaires de façon absolument correcte". Selon des sources internes, le mouvement de grogne est lié à l’annonce cette semaine que M. Annan avait exonéré le Singapourien Dileep Nair, secrétaire général adjoint aux services de contrôle interne, accusé de favoritisme et de harcèlement sexuel. Dans sa motion, le syndicat du personnel "demande (à M. Annan) de publier le rapport de l’enquête qu’il a menée", a ajouté Mme Waters. Le porte-parole de M. Annan, Fred Eckhard, avait indiqué mardi que celui-ci avait exonéré M. Nair "après un examen approfondi" des allégations et souligné qu’il avait "toute confiance" en lui. "C’est un acquittement pur et simple", avait dénoncé Guy Candusso, un responsable du syndicat du personnel, relevant que, selon les propos de M. Eckhard, "aucune autre action n’est requise" dans cette affaire. Cependant, dans une lettre adressée au syndicat et dont l’AFP a obtenu copie, le chef de cabinet de M. Annan, Iqbal Riza, affirme que M. Nair a reçu "le conseil de faire preuve de circonspection" dans l’avenir. Cette affaire avait été précédée par la révélation en juillet que le secrétaire général avait déjà exonéré le Haut Commissaire pour les réfugiés, Ruud Lubbers, accusé de harcèlement sexuel, malgré les résultats de l’enquête interne. Les enquêteurs avaient en effet conclu que l’ancien Premier ministre néerlandais s’était bien rendu coupable de harcèlement sexuel comme l’en accusait une de ses employées. M. Annan est confronté à d’autres scandales, comme les accusations de corruption portées contre certains fonctionnaires de l’Onu dans le cadre du programme "pétrole contre nourriture" en Irak. Pour faire la lumière, il a nommé une commission d’enquête indépendante, menée par l’ancien président de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, Paul Volcker. Dans son projet de motion, le syndicat du personnel estimait que les propos de M. Riza "soutiennent l’assertion du personnel d’une inconvenance" dans le comportement de M. Nair et constate "un manque d’intégrité, particulièrement dans les hauts échelons de l’organisation".
The Associated Press New York - 19 - 11 - 2004 |