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La commission afghane des droits de l’Homme et le Haut commissariat de l’Onu pour les droits de l’Homme ont demandé samedi aux autorités de mettre fin à l’impunité des personnalités soupçonnées notamment de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité depuis 1978 en Afghanistan. "Malheureusement, on n’a pas porté une attention suffisante à un élément indispensable de la paix et de la stabilité depuis le début du processus de transition en Afghanistan", a déclaré dans un communiqué la présidente de la commission afghane, Sima Samar. "Cet élément est la prise de conscience (de la nécessité) de justice", a-t-elle ajouté. La commission a, à cet égard, présenté samedi un sondage réalisé auprès de quelque 6.000 Afghans d’après lequel 90% des personnes interrogées ont demandé le limogeage de tout poste officiel des responsables de violations de droits de l’Homme. 40% des personnes interrogées ont également souhaité que les responsables les plus connus soient poursuivis, souligne le communiqué. Le rapport, intitulé "Un appel à la justice", a été rendu public lors d’une cérémonie au palais présidentiel de Kaboul en présence du président Hamid Karzaï et de la Haute commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme, Louise Arbour. "Trois ans après la chute des talibans (...) la nécessité de s’occuper des violations des droits de l’Homme présentes et passées est d’une importance capitale", a déclaré lors de cette cérémonie Mme Arbour en précisant qu’elle éviterait que "les responsables (...) réussissent à se maintenir au pouvoir". Mme Arbour a annoncé que l’Onu avait préparé à cet effet une compilation de documents couvrant une période allant de 1978 à la chute des talibans qui permettrait "de rechercher la vérité". Selon les organisations de défense des droits de l’Homme, des crimes de guerre et contre l’humanité ont été commis pendant tous les conflits depuis 1978 en Afghanistan, sous l’occupation soviétique (1979-1989), mais aussi pendant la guerre civile (1992-1996) et sous les talibans. Faute de système judiciaire adéquat et alors que certains des mis en cause faisaient partie du précédent gouvernement, aucun commanditaire présumé n’a pour l’instant été poursuivi. Dans un rapport publié en octobre, l’ONG "Afghanistan justice project" se penche sur un certain nombre de ces crimes et cite des personnalités qui pourraient être mises en cause pour leur inaction ou une implication plus directe. Plusieurs seigneurs de la guerre, dont le ministre de la Défense du précédent gouvernement d’Hamid Karzaï, Mohammad Qassim Fahim, ou encore Abdul Rashid Dostam et Abdul Rasul Sayyaf y sont cités, de même que Gulbuddin Hekmatyar, recherché par les Etats-Unis pour terrorisme.
Agence France Presse 29 - 01 - 2005 |