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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, Tunis
Tel : 71 256 464, Fax : 71 354 984
Président d’honneur : le doyen Mohammed Chakroun
Pressions accrues sur le prisonnier politique Nabil El Ouaer, visant à étouffer sous une chape de silence le scandale de Borj Er Roumi, et à priver le prisonnier de son droit à la justice
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Maître Saïda Akrami, secrétaire générale de l’AISPP, a déposé plainte auprès du Procureur de la République de Bizerte, au nom du prisonnier politique Nabil El Ouaer, pour le viol ignoble qu’il a subi sur ordre du directeur de la prison de Borj Er Roumi, après que ce dernier l’ait agressé avec le concours d’auxiliaires et fait mettre en isolement de façon illégale, pour permettre au viol d’être perpétré. Elle n’a pu obtenir aucune attestation de l’enregistrement de la plainte, ni aucune trace de début d’une enquête, ce qui révèle une dérobade du devoir de justice et de protection du droit.
Maître Saïda Akrami a également demandé à l’administration générale des prisons un permis de visite du prisonnier à la prison de Bizerte. L’autorisation ne lui toujours pas été délivrée, au mépris de la loi.
Le prisonnier Nabil El Ouaer n’a pas de lieu d’incarcération fixe depuis son agression, l’administration continuant de le ballotter de prison en prison. Cette fois-ci, il a été transféré de la prison de Borj El Amri à celle de Bizerte où il a été privé samedi dernier du droit élémentaire à la visite, prévu par la loi. Lorsque des membres de sa famille ont voulu le voir, sa sur a été contrainte d’ôter tous ses vêtements pour une fouille avant d’être autorisée à le rencontrer. L’entrevue a eu lieu sous la présence pesante du directeur de la prison en personne et de deux de ses adjoints qui buvaient les propos du prisonnier tremblant de peur. Ceci ne laisse aucun doute sur l’étendue des pressions exercées sur lui depuis plus d’un an : le directeur d’une autre prison l’avait agressé, lui avait fracturé un bras et l’avait laissé paralysé et sans soins pour l’obliger, tout en le menaçant du viol de sa sur, à retirer une plainte présentée par des membres de sa famille. Il avait alors fait une tentative de suicide, s’était tailladé les veines pour obliger l’administration à lui porter secours avant qu’il ne se vide de son sang.
L’AISPP ne transigera pas sur la tyrannie exercée à l’encontre des prisonniers politiques, ni sur la privation de leurs droits élémentaires, ni sur leur abandon à la merci des criminels. Elle dénonce les basses manuvres visant à étouffer la vérité et à empêcher la justice de suivre son cours. Elle dénonce toutes les personnes impliquées dans cette affaire qui ont compris la portée du scandale sur lequel l’AISPP n’a eu de cesse d’alerter afin de remédier aux circonstances qui y ont mené.
L’AISPP considère que les pressions de toutes sortes qui s’accumulent aujourd’hui sur le prisonnier politique Nabil El Ouaer n’exonèreront pas leurs auteurs de leurs responsabilités, quelles qu’en soient les conséquences.
Elle exige qu’une commission neutre de juristes puisse lui rendre visite, et qu’elle soit dotée de toutes les facilités et prérogatives en matière de visite et d’enquête détaillée.
L’AISPP appelle toute personne libre de par le monde, les ONG de défense des droits de l’homme, qu’elles soient internationales ou locales, les comités internationaux spécialisés, à exige la mise sur pied d’une commission internationale d’enquête sur les crimes contre l’humanité et les actes de tortures perpétrés dans les prisons tunisiennes en violation des conventions et pactes internationaux, et en contravention des lois nationales.
Pour l’AISPP
Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction de l’arabe, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT) |