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lundi 25 juillet 2005, 18h55
TUNIS (AP) - Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a réaffirmé lundi son opposition au dialogue avec "tout courant politique agissant sous couvert de la religion".
Dans un discours à l’occasion du 48ème anniversaire de la proclamation de la République, M. Ben Ali s’est déclaré en faveur du dialogue "en tant que principe fondamental dans la consécration du climat démocratique".
Il s’est dit "déterminé à en diversifier les domaines et à en élargir les horizons avec toute partie qui oeuvre dans le sens des intérêts et du progrès de la Tunisie".
Dans son esprit la "ligne est claire et sans ambiguïté : le dialogue a toujours lieu avec les partis et organisations légalement reconnus et respectueux de la Constitution, sans qu’il y ait cependant la moindre place pour le dialogue avec tout courant politique agissant sous couvert de la religion".
Cette mise au point vient couper court aux spéculations qui circulaient ces derniers temps, dans certains milieux de l’opposition notamment, faisant état d’une éventuelle amorce de dialogue entre le pouvoir et les islamistes tunisiens.
Dans le même temps, des courants de l’opposition ont réclamé une amnistie générale en faveur des membres et dirigeants du mouvement islamiste interdit "Ennahdha", condamnés au début des années 90 à de lourdes peines de prison, notamment pour "actes terroristes" ou pour avoir tenté "changer la nature du régime par la force", selon une source officielle.
Suite à plusieurs mesures de grâce prises ces dernières années par le président Ben Ali, ces détenus, qui étaient au départ un millier, ne sont plus que 500 environ.
M. Ben Ali s’est par ailleurs élevé contre "l’interprétation erronée" de l’attitude des autorités au sujet de la tenue vestimentaire, objet de polémiques ces dernières années. Certaines associations avaient dénoncé l’interdiction faite à des fonctionnaires, étudiantes ou lycéennes d’accéder voilées à leur lieu de travail ou établissement d’enseignement.
"En Tunisie, nous sommes fiers de tout ce qui se rapporte à nos traditions et nos coutumes. Nous n’avons de réserve ou de rejet que pour les tenues importées de l’extérieur et qui sont le signe d’une obédience politique donnée", a-t-il assuré.
Manière de viser plus précisément les tenues, de style tchador à l’iranienne, dont les intégristes prônent le port mais qui n’ont rien à voir avec les habitudes et traditions vestimentaires tunisiennes.
Le président Ben Ali s’est par ailleurs dit résolu à sanctionner tout abus de pouvoir, insistant sur l’autorité de la loi et sur la nécessité pour chaque citoyen ou association de la respecter. "Il ne saurait y avoir de place à quiconque s’aviserait de se soustraire à la loi, ni à l’abus de pouvoir ou d’autorité", a-t-il prévenu.
Et de fustiger les comportements de certains responsables qui se dérobent à leurs devoirs en prétextant des "instructions venues d’en haut". Il a assuré qu’il n’hésiterait pas à demander des comptes à quiconque recourrait à ce subterfuge. AP |