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l’Essor n°15517 du - 2005-08-15 08:00:00
Commerce, finances, habitat, transport, formation, etc.. la coopération entre les deux pays embrasse pratiquement tous les domaines
Il y a des signes qui ne trompent pas. Ces cinq dernières années, l’ambassadeur du Mali en Tunisie, Boubacar Gaoussou Diarra, a reçu une cinquantaine de délégations officielles maliennes de passage à Tunis. De l’ancien chef de l’Etat, Alpha Oumar Konaré à Amadou Toumani Touré, en passant par les Premiers ministres, les nombreux ministres et autres experts. Ce n’est donc pas un hasard si, la semaine dernière, le chef du gouvernement, Ousmane Issoufi Maïga, a choisi ce pays pour son premier déplacement à l’étranger depuis sa nomination à la Primature.
C’est que la coopération entre les deux pays se porte bien et que le Mali veut s’inspirer de la Tunisie qui fait figure de pionnier dans nombre de domaines en Afrique.
Depuis 25 ans, le Mali et la Tunisie se concertent au sein d’une grande commission mixte de coopération. Cette coopération s’articule autour de plusieurs axes dont les échanges commerciaux, la coopération financière, la coopération dans le domaine de l’équipement et des transports, la coopération culturelle, technique et scientifique, l’information et de la communication. Elle s’étend également au tourisme, à l’artisanat, à l’industrie, aux mines, à l’agriculture...
Deux accords de coopération. C’est pour renforcer cette coopération que le chef du gouvernement était accompagné de trois ministres : Moctar Ouane, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Modibo Sylla, celui de l’Urbanisme et de l’Habitat et Mme Soumaré Aminata Sidibé, le ministres des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières.
Sous les yeux de Ousmane Issoufi Maïga et du chef de gouvernement tunisien, Mohamed Ghannouchi, Moctar Ouane et son homologue Abdel Baki Hermassi ont signé deux accords de coopération.
Le premier est un accord culturel qui est destiné à promouvoir l’échange d’enseignants, d’étudiants et de stagiaires des deux pays. Par cet accord, la partie tunisienne met à la disposition du Mali des professeurs. L’accord doit également faciliter la coopération étroite de groupes culturels et sportifs, encourager la coopération technique et les échanges de programmes culturels et de programmes dans le domaine de la radio et de la télévision.
Le second accord touche aux transports. Il concerne la coopération administrative et technique, la formation, la promotion et la facilitation du partenariat.
De leur côté, les ministres Modibo Sylla et Mme Soumaré Aminata Sidibé se sont entretenus avec leurs homologues tunisiens. Le Mali est intéressé par l’expérience tunisienne en matière de logements économiques et sociaux, d’aménagement du territoire, de financement et refinancement de l’habitat, de planification urbaine, de cadastre. Après leurs séances de travail, les deux parties ont convenu de l’envoi de missions d’experts maliens en Tunisie dans les semaines à venir, pour approfondir les discussions.
Au cours de son séjour, le Premier ministre a visité plusieurs réalisations dont le port de plaisance de Yasmine Hammamet et la cité voisine de la Médina. Ce port qui reçoit plus de 300 000 bateaux de plaisance par an est un haut lieu du tourisme tunisien. En été, tous les hôtels affichent complet. Ce port attire beaucoup de bateaux qui fuient les mesures contraignantes de l’Union européenne.
La seconde infrastructure portuaire visitée par la délégation est le port de Radès. Un des plus actifs de Tunisie et qui est en pleine modernisation pour faire face aux besoins sans cesse croissants de l’économie tunisienne. De plus en plus, ce port regarde vers l’Afrique.
A la cité des technologies d’Elgazala, le Premier ministre a pu mesurer le savoir faire tunisien en matière de nouvelles technologies de l’information.
Des entreprises innovantes. Ce projet du président Zine El Abidine Ben Ali qui s’étend sur 65 hectares héberge une École supérieure des communications, un Institut supérieur des études technologiques en communication, un Centre d’information, de formation de documentation et d’études en communication et un Centre d’études de recherche des télécommunication. A côté de ces établissements, il existe plusieurs entreprises de développement et de production.
Le centre a pour vocation d’accueillir les entreprises innovantes dans le secteur des technologies de la communication, de développer la synergie entre l’industrie, la recherche et l’enseignement supérieur et de promouvoir les idées novatrices.
Enfin, Ousmane Issoufi Maïga a visité les réalisations du projet 26/26 du Fonds de solidarité nationale. Ce sont 240 000 familles (1,2 million de personnes environ) qui ont bénéficié de ses réalisations. Grâce au Fonds de solidarité nationale et à la Banque tunisienne de solidarité, le pays est en passe de réussir son pari d’éradiquer les logements rudimentaires. La Tunisie qui a assisté notre pays pour la mise sur pied de la Banque malienne de solidarité, et le Fonds national de solidarité peut encore fournir une assistance pour la politique des logements sociaux.
Tirant le bilan de son séjour de 3 jours, Ousmane Issoufi Maïga a jugé son séjour fructueux et a salué un pas décisif dans le renforcement de la coopération entre le Mali et la Tunisie. Il a annoncé une aide de 500 000 dinars tunisiens (200 millions Fcfa) pour la sécurité alimentaire.
Le gouvernement tunisien a aussi promis de tout mettre en uvre pour aider l’entreprise tunisienne qui construit la route Bamako-Narena à achever le chantier au plus vite.
Cette visite marquera une étape importante dans les relations tuniso-maliennes. La grande commission mixte qui se réunit l’année prochaine en fera certainement le constat.
A. LAM |