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 | | La photo est de Kamel Ben Rejeb et elle est prise le jour de sa sortie de prison. |
En le condamnant à purger sept ans et demi de prison et cinq ans de pointage au poste de police pour un motif contestable, l’État tunisien n’a-t-il pas assez puni cet homme sincère, honnête, intelligent et bien inséré dans la société - il est technicien supérieur en radiologie- ? Je vis en France, étant de nationalité française ainsi que mes trois enfants, et mon mari est toujours retenu sur le territoire tunisien. En effet il a déposé une demande de passeport pour la troisième fois afin de nous rejoindre en France mais cela lui a été refusé. Demandant des explications sur ce troisième refus consécutif, qui l’empêche d’être auprès de sa famille et de reprendre une vie normale malgré sa grande atteinte morale après ces longues années d’emprisonnement, le ministère de l’Intérieur a renvoyé son dossier au tribunal pour juger l’affaire mais en réalité ce n’est qu’une stratégie pour chercher une excuse valable, susceptible d’être correcte. L’excuse trouvée est celle d’une peine de contrôle administratif qui n’aurait pas été effectuée, alors que contenue dans sa première condamnation, car il a été condamné à deux reprises, totalisant ainsi sept années et demies d’emprisonnement. Il faut qu’il accomplisse ce pointage pendant cinq ans. Et sa famille ! Et avenir de cet homme ! Est ce vraiment utile de refaire ce pointage qui n’a pour nous aucune utilité ! Il a purgé sa peine ! Comment une justice, un pays démocratique peuvent-ils juger injustement cet homme ? N’a-t-il pas assez souffert ? Et il souffre encore ! Tout l’entourage a été choqué de son emprisonnement auparavant, mais encore plus après ce refus de passeport ! Cet homme ne demande qu’une chose, vivre en paix avec sa famille. Après avoir pris connaissance de ce rendu de jugement, mon mari a perdu tout espoir, il fait de l’hypertension artérielle. Mon fils qui lui a rendu visite, a été marqué par son état de santé, me disant qu’il ne reconnaît pas son père qui avant était fort, beau, souriant, maintenant il est triste, dépressif, maigre. Mon fils a eu le cur brisé, me demandant ce qu’il pouvait faire pour aider son père. Lui qui était technicien supérieur, il est incapable de vacciner nos enfants, par crainte de les entendre pleurer car cela le sensibilise tant. Comment peuvent-ils condamner injustement cet homme si sensible ? Je fais donc appel à notre président de la république Monsieur BEN ALI, à qui j’ai adressé plusieurs fax restés sans réponse, sans doute la faute à cause de l’administration qui ne les lui aura pas communiqués. Je lui demande de se mettre à la place de mon mari et d’imaginer l’impuissance d’un homme face à une telle injustice. Lui, BEN ALI, Homme Juste, sait ce que c’est d’être père de famille, de vouloir sacrifier sa vie pour le bonheur de ses enfants. Je me permets de lui demander de faire le nécessaire afin de donner ordre au ministère de l’Intérieur de délivrer un passeport à ce père de famille qui n’a plus aucune dette envers la justice.
Hamida Ghali, épouse Ben Rejeb 25 septembre 2004 |