|
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’ Homme en Tunisie Membre du Réseau Euroméditerranéen des Droits de l’ Homme 21 ter rue voltaire , 75011 Paris - France Tél. & Fax : (33) 0143729734 - crldht@aol.com Communiqué

Dans la continuité de l’initiative qu’il avait prise le 18 Mai 2002 en organisant à Paris une importante rencontre sur la réforme constitutionnelle et le recours au référendum-plébiscite, le CRLDHT avec la participation de la LTDH (ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme), le CNLT (conseil national des libertés en Tunisie) et l’ATFD (association tunisienne des femmes démocrates) et le soutien de ses partenaires la LDH (ligue des droits de l’homme), la FIDH (fédération internationale des ligues des droits de l’homme), le REMDH (réseau euro méditerranéenne des droits de l’homme) , et le Cedetim appellent à
Une réunion publique, le samedi 16 octobre de 15h. à 20h. 2, boulevard de la Villette - 75019 Paris - Métro : Belleville. Pour des élections, libres, démocratiques et pluralistes en Tunisie
Deux ans après le référendum plébiscite du 26 Mai 2002 qui a entériné une nouvelle et profonde réforme constitutionnelle, le président Ben Ali « briguera » sans aucun suspense un quatrième et illégitime mandat, prélude dans l’esprit de ses courtisans à une présidence à vie. Au matraquage de la propagande de l’État RCD, le parti gouvernemental, l’opinion publique tunisienne répond par une indifférence apparente mais à bien des égards significative. Sur l’essentiel, les manies répressives et les atteintes quotidiennes aux droits humains et aux libertés tout autant que les dérives anti-démocratiques et affairistes du régime tunisien n’ont cessé de s’accentuer. « Notre ami Ben Ali » est cependant parvenu, sous couvert de lutte contre le terrorisme qui lui permit de tirer profit de l’effet « 11 septembre » (2001), à bénéficier de la connivences des puissances occidentales. Celles-ci ne sont apparemment pas insensibles à l’état préoccupant des droits de l’Homme, à la totale inféodation de la justice et au monopole exercé sur l’information qui sévissent dans ce pays-ami mais l’argument de la stabilité politique, le réalisme et les considérations d’ordre géostratégique, leur dictent le choix d’une alliance privilégiée, avec un régime dont les tendances totalitaires sont pourtant avérés. L’échéance du 24 octobre, piteusement dépouillée de tout enjeu, devrait en apporter une nouvelle illustration. S’appuyant sur un code électoral restrictif et pervers et sur un dispositif institutionnel et législatif répressif taillé sur mesure, le pouvoir tunisien s’apprête à organiser un simulacre de consultation électorale. Le président Ben Ali plébiscité se succédera à lui-même et le RCD continuera d’avoir la haute main sur un parlement croupion d’autant moins représentatif que la loi électorale n’autorise pas les alliances entre partis politiques et entrave toute possibilité de coalitions et de fronts électoraux. L’observation des élections est limitée aux seuls partenaires internationaux choisis par le pouvoir et l’observatoire national mis en place par celui-ci est à son entière dévotion. Bien plus que les occasions manquées qui l’ont précédé, le rendez-vous du 24 octobre ne sera qu’un simulacre électoral mais pour l’opposition tunisienne, les associations démocratiques et le mouvement syndical, les enjeux politiques n’en sont pas négligeables. L’opposition de façade, celle du décor pseudo-démocratique composé du M.D.S, du PUP, du PLS et de l’UDU, se compromettra, une fois de plus, dans une vassalité indigne à l’égard du RCD. Les autres composantes de l’opposition, indépendants et partis légaux ou non reconnus, qui incarnent l’esprit de contestation et de dissidence mettent toutes en cause la légitimité de cette consultation ; elles ont cependant adopté des choix différents voire divergents, qui vont du boycott actif à la participation au scrutin présidentiel puis au scrutin législatif en passant par la seule participation à ce dernier. Par-delà ces différences et ces divisions encouragées par la nature même du code électoral, il importe pour le CRLDHT de donner la parole aux représentants de ces divers courants et partis politiques afin qu’il fassent le procès du cadre institutionnel et juridique qui leur est imposé au mépris des standards internationaux ; qu’ils s’expliquent ainsi, dans le cadre d’un débat libre et loyal, sur les choix qu’ils ont faits pour répondre aux défis du 24 octobre.
CRLDHT - Paris 27 - 09 - 2004 |