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Le principal parti d’opposition tunisien, le Parti démocratique progressiste (PDP), a appelé jeudi les Tunisiens à boycotter l’élection présidentielle du 24 octobre prochain, affirmant que le scrutin allait de nouveau ouvrir la voie à un régime autocratique. Le président Zine al Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 17 ans, se présente à sa propre succession. Il aura face à lui trois candidats issus de petits partis d’opposition. "La prochaine élection présidentielle aura lieu dans des conditions constitutionnelles, juridiques et politiques qui traduisent un manque de liberté. Le scrutin va renouveler le régime d’un homme monopolisant tous les pouvoirs", a déclaré le chef de file du PDP, Nejib Chebbi. Selon des diplomates et des observateurs, les trois candidats d’opposition ont peu de chances de battre Ben Ali, même si l’élection se déroule dans des conditions transparentes. Ben Ali, 68 ans, est soutenu par le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), qui dispose d’une majorité écrasante au parlement, ainsi que par les principaux syndicats et groupes financiers. Si les partisans de Ben Ali saluent la stabilité sociale et politique ainsi que la croissance économique de la Tunisie, ses détracteurs lui reprochent d’avoir muselé l’opposition politique et de porter atteinte à la liberté de la presse. Ben Ali, dont le cinquième mandat arrive à son terme, a pris le pouvoir en 1987 quand le président à vie Habib Bourguiba, le fondateur de la Tunisie moderne, fut déclaré sénile. Sa réélection en 1999 avec 99,5% des suffrages avait fait froncer bien des sourcils à l’étranger. Trois ans plus tard, 99% des Tunisiens avaient officiellement voté "oui" au référendum permettant à Ben Ali, à condition d’être réélu, de rester au pouvoir jusqu’en 2014. "L’élection présidentielle va ouvrir la porte à un nouveau régime présidentiel à vie que les Tunisiens ont déjà testé et qu’ils ont rejeté. Le PDP ne peut que boycotter cette élection et appeler les Tunisiens à en faire de même", a ajouté Nejib Chebbi. Chebbi a toutefois précisé que son parti présenterait 21 candidats, dans les 26 circonscriptions électorales du pays, pour les élections législatives qui se dérouleront aussi le 24 octobre. Plus de 300 candidats, issus de six partis d’opposition et du RCD, se disputeront les 189 sièges de parlementaires.
© Reuters - Tunis 30 - 09 - 2004 |