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Une cinquantaine de cinéastes arabes ont protesté contre la déprogrammation du film du cinéaste syrien Omar Amiralay "Le déluge au pays du Baas", des Journées cinématographiques de Carthage (JCC, du 1er au 9 octobre), a indiqué un communiqué obtenu mardi par l’AFP. "Les cinéastes arabes qui ont participé aux dernières Journées cinématographiques de Beyrouth (...) et ceux qui aiment un cinéma arabe indépendant, dénoncent vivement le principe d’interdire un film, pour quelque raison que ce soit, surtout s’il s’agit d’un film programmé dans le cadre d’un festival arabe comme c’est le cas pour +Le déluge+, du cinéaste syrien Omar Amiralay", indique le texte signé par 53 cinéastes. "Nous refusons catégoriquement que des festivals et des rencontres à caractère culturel et artistique se transforment en plateforme pour que des régimes répressifs règlent leur compte avec leur opposition intellectuelle", ajoute-t-il. "Le déluge au pays du Baas", objet de vives critiques dans la presse tunisienne, a été déprogrammé en raison de "son parti pris", a indiqué lundi à l’AFP Mme Nadia Attia, directrice des JCC. Auparavant, le journal tunisien en langue arabe Echourouk avait durement critiqué le documentaire d’Omar Amiralay, affirmant qu’il "va de pair avec la campagne lancée depuis quelques mois contre la Syrie". "Un tel film ne peut que renfermer des démonstrations sionistes dirigées contre tout ce qui est du nationalisme arabe", a estimé le journal citant un faux titre du film ("La Syrie sans le Baas", au lieu de "Le déluge" ou "Déluge au pays du Baas") le qualifiant de "provocateur". En tournant son documentaire dans un village syrien, Omar Amiralay ne fait en réalité aucun procès direct au Baas, se contentant de laisser les images et les personnages parler du parti au pouvoir en Syrie, ce qui le montre sous un jour peu glorieux.
© Agence France-Presse Beyrouth - 28 sept 2004 |