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Le Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale), a annoncé mercredi sa décision de boycotter l’élection présidentielle du 24 octobre en Tunisie, dans un communiqué de son bureau politique. Le PDP qui faisait campagne pour "le droit de candidature" à la présidence de son secrétaire général, Ahmed Nejib Chebbi, a affirmé avoir épuisé tous les recours politiques et juridiques pour la concrétiser. Il dénonce "un système électoral contraire aux principes républicains, au pluralisme et à l’alternance pacifique au pouvoir" et accuse les autorités de "poursuivre une politique de verrouillage, de nier le besoin de réformes politiques et de monopoliser l’information". Bien que légalement reconnu par les autorités depuis plus de dix ans, le PDP ne dispose d’aucun siège au parlement et se trouve, de ce fait, interdit de la course à la présidence selon la loi électorale en vigueur. Selon le PDP, cette loi est "taillée sur mesure pour fermer la voie à toute candidature libre, limitant les possibilités de postuler au parti au pouvoir et aux concurrents qu’il s’est choisi". Il fustige l’attitude négative des partis d’opposition parlementaire, parmi lesquels certains ont appelé à voter pour le président Zine El Abidine Ben Ali tandis que d’autres "ont choisi de lui servir de concurrents de pure forme". Le PDP réitère enfin "la nécessité de limiter à trois les mandats à la présidence pour permettre une alternance pacifique au pouvoir". Cette formation fait partie d’une alliance contestant un amendement de la Constitution approuvé par référendum autorisant M. Ben Ali à postuler un quatrième mandat de cinq ans aux prochaines élections. Le PDP a, en revanche, décidé de "mener la bataille" des législatives en même temps que la présidentielle, pour présenter "l’alternative d’une opposition indépendante", selon son communiqué. Une autre formation d’opposition légale, le Forum démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL, sans député), a également décidé le boycottage des élections, pour dénoncer "un coup de force contre la Constitution", selon son secrétaire général Mustapha Ben Jaâfar. Sur cinq partis d’opposition parlementaire, trois ont présenté des candidats à la présidence et deux ont appelé à voter pour le président sortant au pouvoir depuis 1987. Aux législatives, son parti, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) devrait maintenir une majorité écrasante au Parlement (148 sièges sur un total de 182, cinq formations d’opposition se partageant 34 sièges).
© Agence France Presse Tunis, 22 septembre 2004 |