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 A une quinzaine de jours des élections présidentielle et législatives prévues le 24 octobre en Tunisie, « toutes les conditions sont désormais réunies pour que ce scrutin se déroule « dans la transparence totale, la sincérité, la neutralité de l’administration et le respect de la loi », selon le ministre tunisien de l’Intérieur, Hédi Mhenni. Pour la présidentielle, quatre candidats seront en lice : trois dirigeants de formation de l’opposition feront face à l’actuel chef de l’Etat, Zine El Abidine Ben Ali, qui briguera à l’occasion, un quatrième mandat consécutif de cinq ans, qu’il est du reste assuré de remporter. La candidature de M. Ben Ali a été rendue possible grâce à une révision de la Constitution adoptée par référendum en mai 2002. En vertu de cette réforme, l’âge limite du candidat à la magistrature suprême a été repoussé de 70 à 75 ans, ce qui permet à l’actuel président (68 ans) de se représenter une cinquième fois le cas échéant. Le ministre tunisien de l’Intérieur s’est cependant inscrit en faux contre la thèse selon laquelle la révision de la Constitution vise à instaurer la présidence à vie. « Il ne peut en être question, puisqu’un âge limite est fixé pour tout candidat à la présidence », a-t-il argumenté. A son arrivée au pouvoir, après la destitution de l’ancien président Habib Bourguiba pour « sénilité », le président Ben Ali, avait introduit rappelle t-on, une première réforme de la Constitution qui a supprimé la présidence à vie instituée par son prédécesseur et fixé à trois, le nombre de mandats présidentiels. Selon le ministre de l’Intérieur, un « grand nombre » d’observateurs nationaux et étrangers pourront suivre ces élections, suite à l’invitation lancée dans ce sens, par le président tunisien. Pour les législatives régies par un scrutin à la proportionnelle, le véritable enjeu sera le gain, par l’opposition, des 20% de sièges du parlement que leur assure le code électoral, le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) ne pouvant plus récolter plus que 80% des sièges. Six partis d’opposition avec 135 listes et des candidats (7 listes) indépendants se disputeront les 34 sièges qui leur reviennent obligatoirement, sur un total de 182. Le ministre a néanmoins fait état de 24 listes invalidées pour non conformité aux dispositions du code électoral. Le septième parti de l’opposition légale, le Forum démocratique pour les libertés et le travail (FDLT), légalisé depuis seulement deux ans, a, quant à lui, opté pour le boycott. Son président, le Dr Mustapha Ben Jaâfar, exclu de la course à la présidence parce que ne remplissant pas le conditions exigées par la Constitution, considère qu’il s’agit en l’occurrence, de « non élections ». M. Mhenni a énuméré un train de mesures visant à assurer « une saine émulation » entre les candidats. Il a ainsi annoncé la réduction du nombre des bureaux de vote dans le but de « faciliter la tâche aux partis en course pour y placer des observateurs ». Ainsi, de 15.243 en 1999, ce nombre a été ramené à 12.903, malgré l’augmentation du nombre des électeurs. La révision permanente des listes électorales a par ailleurs, permis, l’inscription de 1,3 million de nouveaux électeurs, portant le nombre total à près de 4,7 millions votants potentiels. Lors du vote, il sera interdit à tout membre du bureau de vote de porter un signe d’appartenance politique. L’ électeur aura, en outre, l’obligation de présenter sa carte électorale, de prendre les bulletins de vote de tous les candidats et de se rendre dans l’isoloir pour faire son « choix librement », a encore assuré le ministre de l’Intérieur.
Angola Press Tunis - 09 - 10 - 2004 |