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Deux projets de résolution visant à condamner les violations des droits de l’homme au Zimbabwe et au Soudan ont été mis en échec mercredi aux Nations unies, illustrant une profonde divergence de vues entre les pays occidentaux et ceux du Tiers monde, notamment d’Afrique. La 3ème commission de l’Assemblée générale de l’Onu, chargée des droits de l’homme, a refusé d’examiner ces résolutions, en adoptant des motions "de non-action" déposées par l’Afrique du sud au nom du groupe africain. Ces motions ont été adoptées respectivement par 92 voix contre 72 et 9 abstentions, et 91 voix contre 74 et 11 abstentions. La plupart des voix pour émanaient des pays d’Afrique et du Tiers monde, notamment des Non-alignés, la plupart des voix contre venant des pays occidentaux. Le représentant de l’Afrique du sud, Pitso Montwedi, directeur chargé des droits de l’homme au ministère des affaires étrangères, a expliqué sa démarche en affirmant "le rejet total" par le groupe africain de "toute résolution dirigée contre un pays particulier" dans ce domaine. Ce genre de texte est en contradiction avec les principes "de coopération amicale" à la base de l’action des Nations unies, a-t-il estimé. "Nous ne pensons pas que ce genre de texte puisse engendrer la coopération du pays concerné, qui est cruciale pour la solution des problèmes de droits de l’homme. Leur nature confrontationnelle a invariablement pour effet d’exacerber le problème", a-t-il affirmé. M. Montwedi a affirmé que l’Afrique du sud avait pris cette position "non pour nier l’existence de violations des droits de l’homme en Afrique mais seulement dans le but de contrer l’approche +deux poids, deux mesures+ de l’Union européenne" (UE), qui parraine les deux projets de résolution. Il a accusé l’UE "d’utiliser la question des droits de l’homme dans les pays d’Afrique à des fins politiques". En réponse, plusieurs orateurs ont mis en garde contre l’inaction. "Sans unité dans l’action internationale et dans l’expression de son indignation, des gens vont continuer de souffrir", a dit le représentant des États-unis, Gerald Scott. A propos du Soudan, M. Scott a rappelé qu’à deux reprises déjà ces derniers mois, la commission avait renoncé à se saisir de cette question des droits de l’homme. "Un 3ème échec consécutif de la part des pays membres de l’Onu à présenter un front uni contre des atrocités parfaitement documentées représenterait rien de moins qu’un effondrement total des organes délibératifs de l’Onu en matière de droits de l’homme", a-t-il dit. La veille, l’ambassadeur américain à l’Onu, John Danforth, anticipant la décision de "non-action" de mercredi, avait prononcé une diatribe contre l’Assemblée générale, se posant "des questions sur son utilité". Amnesty International a aussitôt condamné l’attitude de la commission. "En censurant le débat, les intérêts politiques ont mis les droits de l’homme en échec", a déclaré Yvonne Terlingen, la représentante d’Amnesty à l’Onu. "Il est regrettable que la 3ème commission ait choisi d’ignorer le sort de ceux qui souffrent de violations des droits de l’homme au Soudan et au Zimbabwe", a-t-elle dit dans un communiqué.
Agence France-Presse 25 - 11 - 2004 |