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Rubrique : contributions.
Dans son discours de Nouvel an diffusé aux Nigérians, le président Olysegun Obasanjo a confirmé à nouveau l’engagement de son gouvernement dans son programme de réforme économique en disant que les Nigérians allaient bientôt en recueillir le fruit. Mettant l’accent sur le calendrier des réformes, M. Obasango appelait pour une moindre dépendance du pétrole et a lancé un appel aux Nigérians pour faire plus attention à l’agriculture.
Dans un pays riche en pétrole, étant le plus grand producteur en Afrique et, avec une production de 2,5 millions de barils par jour, le sixième plus grand exportateur dans le monde, les Nigérians voient le pétrole comme un droit qu’ils acquièrent à la naissance. L’exhortation de M. Obasanjo, demandant à son peuple de regarder plus loin que le pétrole, serait-il un avertissement et non pas un message ? Serait-il soucieux ou serait-il au courant d’une menace qui pèserait sur l’industrie pétrolière du Nigéria ? (1)
Les émeutes et troubles concentrés sur les installations pétrolières dans le Delta du Niger ne cessent de s’amplifier. Al-Qaîda pourrait être la force secrète derrière les problèmes pétroliers du Nigeria. En Mauritanie aussi, en s’adressant à la nation à l’occasion du 44e anniversaire de l’indépendance, le président de la Mauritanie, Maaouiya Sid Ahmed Taya, déclarait : « Notre pays a le droit d’être fier de ses accomplissements important réalisés en peu de temps ». Et il a parlé du boom pétrolier auquel la Mauritanie allait goûter. Son enthousiasme a cependant dû être refroidi par l’appel récent d’Oussama Ben Laden, lancé aux terroristes d’Al-Quaïda, de couper le flot du pétrole « à nos ennemis ». Etant donné la possibilité que des cellules dormantes d’Al-Qaïda sont peut-être déjà établies en Mauritanie, ses champs de pétrole et de gaz pourraient devenir des cibles de premier rang. Le président Taya a indiqué que la production pétrolière offshore allait commencer en décembre 2005. Les autres champs allaient suivre après un certain temps. Ce qui, a-t-il noté, conduirait à une hausse perceptible du volume de production. Il a ajouté que de grandes quantités de gaz naturel ont été découvertes dans deux champs qui sont à présents évalués.
(L’islamiste) Zamar a été arrêté au Maroc. Détenu dans une prison près de Damas, il coopère avec des agents de la lutte anti-terroriste occidentaux et arabes. Il a aussi reconnu s’être déplacé en Mauritanie fin 2001, après les attentats du 11 septembre, pour y mettre en place plusieurs cellules dormantes. Le but de ces cellules était d’attendre les ordres d’attentats-suicides ciblant les pétroliers géants dans les eaux des Îles canaries. Avec l’amorce de la production pétrolière en Mauritanie, ces cellules dormantes pourraient bien recevoir des ordres de perpétrer des attentats sur place.
La tentative d’assassinat, en octobre dernier, du préfet Deddahi Oul Abdallahi, directeur de la sûreté d’Etat en Mauritanie, était peut-être perpétrée par une de ces cellules dormantes. L’attentat a été perpétré devant la maison du préfet à Nouakchott, par quatre hommes masqués à bord d’une Mercedes blanche sans plaques d’immatriculation, qui ont usé de kalachnikov. Le préfet Abdallahi refuse de fournir les détail de l’incident et de l’enquête subséquente. Il a cependant indiqué qu’il s’agissait d’une « opération terroriste ».
(...) Le fait que « l’Amérique infidèle » sera un client de taille est certes une des raisons pour lesquelles Oussama Ben Laden est intéressé à perturber la production pétrolière mauritanienne. Toujours à la recherche d’une diversification au niveau de l’approvisionnement, les Etats-Unis obtiennent déjà 15 % de leurs importations pétrolières du Golf de Guinée et, avant 2020, espèrent augmenter à 25 % la quantité de pétrole achetée en Afrique de l’Ouest.
Une affirmation troublante indiquant la présence de cellules dormantes d’Al-Qaïda en Mauritanie a été faite par Mohamed Haydar Zammar, alias l’Ours, le dirigeant d’Al-Quaïda responsable du recrutement des kamikazes du 11 sepembre. Ces cellules pourraient ne pas être la seule menace terroriste sur le sol mauritanien. Une autre organisation terroriste, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (Gspc), a propagé sa malfaisance en Algérie, mais reste un sujet de préoccupation pour les pays voisins.
Répondant à une question concernant la présence au Mali du Gspc, le ministre de la sécurité interne du Mali a indiqué : « Ces groupes ont existé dans le passé au cours d’une opération d’enlèvement de touristes européens. Ils se trouvaient sur le territoire malien et, pour les arrêter, nous avons coordonné nos efforts avec les Algériens. Mais les investigations faites à présent n’ont pas permis de situer leur position ». Et il a ajouté, parlant des conséquences de la présence du Gspc dans la région : « La lutte contre le terrorisme nous touche tous et plus spécialement les pays au sud du Sahara tels l’Algérie, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad ».
Un programme pour réprimer le Gspc a été mis en place. Il s’agit de l’Initiative pan-sahel (Psi). Elle regroupe les armées du Niger, de la Mauritanie, du Mali et du Tchad dans un effort coordonné de lutte contre le terrorisme. D’après les sources officielles à Niamey, la première offensive de la Psi, lancée à la mi-novembre, s’est concentrée sur les frontières entre l’Algérie et le Niger. Sept terroristes du Gspc ont été éliminés au cours d’une attaque dans le cadre de l’opération. La prochaine offensive, qui, selon les sources, doit débuter « prochainement », s’étendra à l’Algérie, la Tunisie, le Maroc et le Sénégal. Si tout va bien, l’Afrique de l’Ouest pourrait ne plus être un lieu sûr pour les terroristes.
Gaoussou Drame Professeur d’anglais - Institut Nalimal d’éducation islamique / Institut sénégalo-britannique - Dakar |