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Jacques Chirac a dénoncé vendredi des "exactions graves" commises en Côte d’Ivoire contre des ressortissants français, qu’il a assurés de la solidarité de la Nation. "Au moment où un grand nombre de nos compatriotes de Côte d’Ivoire arrivent en France, je souhaite leur exprimer ma solidarité et celle de la Nation", a dit le chef de l’Etat à l’issue d’une remise de décorations à l’Élysée. "Après les épreuves douloureuses que ces familles viennent de vivre, soumises à la violence et à des exactions graves, je veux les assurer que les pouvoirs publics mettent tout en oeuvre pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles et leur apporter toute l’aide matérielle et humaine dont ils ont besoin", a-t-il ajouté.
Reuters - Paris 12 - 11 - 2004
Plus de 2.000 Français ont déjà été évacués de Côte d’Ivoire
Depuis mercredi, 2.192 ressortissants Français sur les 15.000 résidant en Côte d’Ivoire ont été évacués vers Paris, Madrid ou des capitales africaines. Lors d’un point de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hervé Ladsous, a précisé qu’aucun civil français n’avait été tué dans les violences, mais a confirmé que plusieurs Françaises avaient été victimes de viols. La police judiciaire de Paris a pour sa part déclaré dans l’après-midi avoir reçu dix plaintes, dont deux pour viol, de personnes évacuées de Côte d’Ivoire. Hervé Ladsous a confirmé que deux citoyens français étaient portés disparus depuis le début de la semaine. Deux avions sont encore attendus vendredi soir à Paris avec à leur bord environ 800 personnes évacuées de Côte d’Ivoire. Des expatriés ont également été évacués vers des capitales africaines comme Lomé (Togo), Dakar (Sénégal), Accra (Ghana) ou Cotonou (Bénin). Le Quai d’Orsay a par ailleurs tenu à souligner dans un communiqué qu’aucune évacuation des personnels de l’ambassade de France à Abidjan n’était en cours. "Il s’agit en fait d’une opération de relève normale ainsi que de faire rentrer en France essentiellement les familles d’agents ayant des enfants qui (...) ne peuvent plus poursuivre sur place une scolarité normale", a ajouté le ministère. Il a précisé que neuf agents, dont trois médecins spécialistes, avaient été envoyés en renfort dès le début de la semaine "pour venir en aide aux ressortissants français victimes de traumatismes psychologiques". "Hier, la situation sécuritaire est restée stable sur l’ensemble du territoire ivoirien," a dit Hervé Ladsous pour qui "l’accalmie semble se généraliser progressivement". Il a ajouté que la France s’attendait à ce que les Nations unies votent en début de semaine prochaine des sanctions contre la Côte d’Ivoire. Le Conseil de sécurité de l’Onu a reporté à lundi son vote sur une résolution d’inspiration française imposant un embargo sur les armes et d’autres sanctions à la Côte d’Ivoire.
Reuters - Paris 12 - 11 - 2004
Tout faire pour éviter un conflit dévastateur, exhorte Kofi Annan
Le Secrétaire général a condamné le recours « aux médias de la haine » et a lancé un appel aux autorités pour qu’elle mettent tout en oeuvre pour éviter que ne resurgisse un « conflit ethnique dévastateur ». « Le Secrétaire général regrette profondément les pertes de vies humaines qui ont accompagné les récents événements violents survenus en Côte d’Ivoire », indique une déclaration transmise aujourd’hui par le bureau du porte-parole au Siège de l’ONU à New York, dans laquelle il renouvelle son appel à toutes les parties pour qu’elles veillent à mettre fin aux violences. Dans cette optique, Kofi Annan « condamne le recours aux médias de la haine, lesquels alimentent les tensions et la xénophobie, et incitent à la violence » Toutes les parties concernées « sont susceptibles d’être tenues responsables de leurs actes au regard du droit pénal international, des droits de l’homme et du droit humanitaire international », a souligné le Secrétaire général, soulignant la nécessité d’agir « pour empêcher que ne resurgisse un conflit ethnique dévastateur » et pour « mettre fin aux violences à l’encontre de civils innocents et à la destruction de biens ». Dans un communiqué publié aujourd’hui, l’ONUCI, la Mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, attirait notamment l’attention sur le rôle joué dans les troubles actuels par la radio et la télévision dans ce pays (voir notre dépêche du 11 novembre), appelant à l’émeute et propageant de fausses rumeurs. Par ailleurs, le porte-parole de l’ONU informait aujourd’hui que l’électricité avait été partiellement rétablie à Bouaké, dans le Nord du pays grâce à la collaboration des ingénieurs de l’ONU et des techniciens employés par l’Etat, selon les informations communiquées par l’ONUCI. Les soldats de l’ONU patrouillant le long de la frontière avec le Libéria pour s’assurer qu’il n’y avait pas de mouvements transfrontaliers, n’ont pour l’instant rien noté de tel, à l’exception de quelques réfugiés libériens quittant la Côte d’Ivoire. Le Département des opérations de maintien de la paix informe par ailleurs que les troupes gouvernementales poursuivent leur retrait au sud de la Zone de confiance contrôlée par l’ONU.
ONU Organisation des Nations Unies 11 - 11 - 2004 |