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Asmara a critiqué vendredi le Parlement européen en jugeant "extrêmement déplacée" une résolution adoptée par celui-ci qui "condamne fermement toutes les violations des droits de l’Homme en Érythrée". La résolution du Parlement de Strasbourg "condamne fermement toutes les violations des droits de l’Homme en Érythrée" et "appelle les autorités du pays à faire respecter les droits de l’Homme et les conventions internationales, et à coopérer pleinement avec les organisations internationales et non-gouvernementales de défense des droits de l’Homme", précise un communiqué de l’Union européenne. "Cette résolution est extrêmement déplacée", a déclaré vendredi à l’AFP à Asmara le directeur de cabinet du président érythréen Issaias Afeworki. "Le Parlement européen ne connaît pas les faits mais endosse tout ce que dit Amnesty International, qui n’a pas de présence en Érythrée. Au bout du compte, cela ne pourra que réduire l’influence du Parlement européen", a ajouté le porte-parole, Yemane Gebremeskel. La résolution de jeudi a été adoptée après qu’une émeute dans la prison érythréenne d’Adi Abeto, près d’Asmara, a fait une vingtaine de morts au début du mois, selon plusieurs diplomates, des sites internet de l’opposition érythréenne et Amnesty International. Les émeutiers avaient été arrêtés lors d’une rafle visant à découvrir des réfractaires au service militaire. De telles rafles ont lieu régulièrement dans ce petit pays de la Corne d’Afrique. "Le dernier chiffre que j’ai est de deux morts", a déclaré M. Yemane vendredi. "Mais il ne s’agit pas de savoir s’il y a eu deux morts ou dix morts. Un mort c’est déjà un de trop. Mais lorsqu’il y a une émeute, il y a des incidents. Quand il y a des émeutes dans les capitales européennes, ou comme lors du sommet du G8 en Italie et qu’il y a eu un mort, est-ce que le Parlement européen adopte une résolution à chaque fois ?", a-t-il demandé. Le Parlement européen a demandé dans sa résolution "une enquête complète et indépendante sur l’incident à la prison militaire d’Adi Abeto". La résolution de jeudi réitère aussi certaines demandes déjà exprimées lors d’une résolution précédente, en février 2002. Elle demande ainsi à Asmara de relâcher onze députés détenus depuis septembre 2001, quand ils avaient appelé à des réformes démocratiques dans une lettre au président Issaias. Le Parlement européen demande aussi à Asmara de libérer treize journalistes et de mettre un terme à la "suspension" de la presse indépendante érythréenne en vigueur depuis septembre 2001. La résolution de jeudi demande également "une initiation d’un processus politique inter-érythréen, qui rassemble les différents dirigeants politiques et représentants de la société civile".
Agence France-Presse 19 - 11 - 2004 |