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Moins d’un mois après sa réélection à plus de 94% des suffrages pour un nouveau mandat de cinq ans, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali s’est engagé mercredi à "garantir les libertés et les droits de l’Homme, dans le texte comme dans la pratique". Il a également mis l’accent sur sa "volonté inébranlable d’asseoir la démocratie et le pluralisme dans le paysage politique national". M. Ben Ali s’adressait à la chambre des députés issue de la consultation du 24 octobre, devant laquelle il a prêté serment. Renouvelée aux deux tiers, l’institution parlementaire compte plus de 22% de femmes, contre 11,5% lors de la précédente législature. Il a profité de l’occasion pour annoncer la tenue d’élections avant juin 2005 pour le choix des membres de la chambre des conseillers qui instaurera pour la première fois en Tunisie, un système parlementaire bicaméral. Le président tunisien a souligné que sa démarche serait guidée par le "souci d’assurer la complémentarité entre les fondements de la stabilité, la poursuite du progrès et du développement intégral durable, d’une part, et l’évolution démocratique et pluraliste irréversible, d’autre part". Objectif : hisser la Tunisie au rang des pays avancés à l’échéance 2009, terme de son nouveau mandat. Il envisage, à cet effet, de renforcer les partis politiques pour qu’ils puissent "exercer leurs activités dans un contexte d’indépendance et de respect de la loi et sur la base du respect du droit à la différence". Comme pour mettre un terme à une requête formulée avec insistance par l’opposition et plusieurs ONG qui réclament une amnistie générale, le président tunisien a déclaré : "Je tiens à affirmer en toute clarté que nous n’avons pas de détenu d’opinion ni de prisonnier politique et que l’action politique est libre et régie par la Constitution qui interdit toute constitution de parti fondée sur la religion, la race ou la langue". Après la récente libération d’environ 70 membres du mouvement islamiste interdit "Ennahda", quelque 500 autres demeurent en prison. Ils purgent de lourdes peines, certains, selon les chefs d’accusation, pour des actes de violences, d’autres pour tentative de renverser le régime. Les autorités les considèrent comme des détenus de droit commun, en faisant valoir les délits pour lesquels ils ont été condamnés. Le président Ben Ali dont le régime fait l’objet de critiques pour "le verrouillage des médias" entend par ailleurs "élargir davantage les espaces de dialogue dans le paysage médiatique", "faire évoluer le secteur de l’information vers plus de diversité" et "l’ouvrir à l’initiative privée, ainsi qu’"améliorer la situation des journalistes". Il s’est également engagé à renforcer le rôle des diverses composantes de la société civile "dans le cadre de la liberté et dans le contexte de la loi et des règles du comportement démocratique". S’agissant de la situation des femmes qui bénéficient d’un statut considéré comme privilégié dans le monde arabo-musulman, il projette de leur attribuer 30% des postes de décision et de responsabilité d’ici fin 2009. "La femme tunisienne constitue l’une des garanties fondamentales de la construction de l’avenir (...) et l’un des facteurs de la modernité, de la modération, de l’équilibre de la société et de sa cohésion", a fait valoir le président tunisien.
The Associated Press Tunis - 17 - 11 - 2004 |