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Communiqué

Neuf jours après la proclamation du score - plébiscite à la « soviétique » de la mascarade électorale (présidentielle et législatives) du 24 octobre 2004, les autorités tunisiennes ont pris la décision de libérer entre 70 et 80 détenus politiques islamistes condamnés pour la plupart entre 1991 et 1993 dans le cadre de l’implacable répression menée par l’État - RCD contre le mouvement « En-Nahdha ». Cette mesure, présentée comme procédant d’une décision de grâce présidentielle, s’inscrit en réalité, dans le cadre des procédures de mise en liberté conditionnelle dont la portée, en terme de restriction effective, est limitée et aléatoire. Le CRLDHT, - enregistre, toutefois, positivement ces libérations qui peuvent être de nature à décrisper le climat politique et à freiner la dérive despotique du régime de Ben Ali. Elles constituent un soulagement pour les bénéficiaires qui ont vécu de terribles épreuves au cours des treize années écoulées, certains d’entre eux ayant été contraints à l’isolement cellulaire durant cette période ! Les familles des détenus élargis et leurs proches ne peuvent que se réjouir de ces mesures, et cela aussi est positif sur le plan humain. - déplore les conditions dans lesquelles ces libérations ont été effectuées, aucune liste officielle n’ayant été rendue publique. Cette absence de transparence, soulignée notamment par la LTDH et le CNLT, est à tous égards, inacceptable. - constate, en l’état actuel des informations diffusées par En-nahdha et l’AISPP, que ces mesures n’ont concerné que 20 à 25 % des détenus politiques au nombre desquelles les dirigeants d’En-Nahdha Ali LAARIDH et Zyad DOULATLI ; d’autres dirigeants de ce mouvement tel le journaliste Hamadi JEBALI n’ayant pas bénéficié de ces mesures de libération conditionnelle. Il semble par ailleurs que, sur les 70 à 80 détenus élargis, certains n’avaient plus à purger que quelques mois de condamnations de plus de 10 ans de prison ferme auxquelles ils avaient été condamnés. - rappelle que tous les anciens détenus ayant bénéficié de décisions de libération conditionnelle ont été astreints à des mesures de contrôle administratif et policier contraignant (visites régulières aux postes de police, pressions familiales, interdits professionnels, tracasseries de tous ordres etc....) qui ont fait que la Tunisie est devenue pour ces anciens détenus et leurs familles une grande prison « aux barreaux invisibles ». Cela a notamment concerné entre 1996 et 2004, plusieurs centaines d’anciens détenus islamistes et leurs familles. Dès le mercredi 3 novembre 2004, M. Ali LAARIDH a d’ailleurs été convoqué ainsi que M. DOULATLI aux districts de la police de leurs lieux d’habitation. Un terme doit être donc mis à ces pratiques qui constituent autant de dénis des droits les plus élémentaires. - réitère l’expression de sa satisfaction face à cette décision, mais rappelle que la revendication essentielle pour l’ensemble des démocrates tunisiens demeure celle de la libération de tous les détenus politiques (islamistes, affaires des cybernautes de Zarzis et de l’Ariana, affaire de Jalel ZOGHLAMI et ses frères, etc.), le retour des exilés et la promulgation d’une amnistie générale pour toutes les victimes de la répression politique en Tunisie. A ce titre, le CRLDHT tient à rappeler la prise de position sur l’amnistie qu’il avait rendue publique dans sa contribution diffusée à l’occasion de la réunion qu’il a organisée à Paris le 16 octobre 2004.
Paris, le 4 novembre 2004
C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie 21 ter rue Voltaire 75011 Paris- France- Tél. : 03 43 72 97 34 - E-Mail : crldht@aol.com membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme |