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 Un groupe de détenus islamistes, parmi lesquels des membres du bureau politique du parti Ennahdha (interdit) ont été libérés par le président Zine El Abidine Ben Ali à l’occasion du 17ème anniversaire de son arrivée au pouvoir, célébré dimanche prochain, apprend-on mercredi de sources concordantes à Tunis. L’Association internationale de soutien aux prisonniers politiquesa dénombré mercredi 32 prisonniers libérés selon des indications recueillies auprès de leurs familles et à la sortie des centres de police à Tunis, Sfax et Gabès (sud), ont indiqué deux de ses dirigeants à l’AFP. Des figures importantes d’Ennahdha sont au nombre des prisonniers élargis, notamment son porte-parole Ali Laaraiedh, ainsi que Zied Daoulatli et Mustapha Ben Hlima, dirigeants de premier plan condamnés chacun à 15 ans de prison dont plusieurs purgés dans l’isolement cellulaire, a précisé Saida Akremi, avocate et secrétaire générale de l’AISPP. Le nombre des détenus graciés serait plus important leur libération n’ayant pas été l’objet d’annonce officielle, a noté Me Akremi, qui s’est félicitée d’"un geste positif pouvant augurer d’une décrispation politique" en Tunisie. Lundi, les autorités avaient annoncé une grâce présidentielle au profit d’un "certain nombre" de détenus sans en préciser le nombre ni l’identité, une telle grâce bénéficiant habituellement aux prisonniers de droit commun à l’occasion des Fêtes nationales. Le gouvernement tunisien ne reconnait pas le statut de prisonnier d’opinion aux partisans du parti islamiste jugés en 1992 lors de deux grands procès ayant décapité le mouvement islamiste, dont le chef, Rached Ghannouchi vit en exil à Londres. Pour Lassaad Jouhri, ancien détenu membre de l’AISPP la libération d’un groupe de prisonniers est un un "acte positif mais partiel" dans la mesure où la Tunisie compte 450 "prisonniers d’opinion" selon son association. Les organisations de défense des droits de l’Homme et l’opposition dissidente réclament avec insistance une amnistie générale comme première mesure d’assainissement du climat politique et dénoncent régulièrement les conditions de détention. La grâce de prisonniers islamistes est intervenue une semaine après la réelection de M. Ben Ali à la présidence de la Tunisie, avec 94,48% des suffrages pour un nouveau mandat de cinq ans.
Agence France-Presse Tunis - 03 - 11 - 2004 |