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Un Tunisien soupçonné d’appartenir à l’organisation terroriste Al-Qaïda envisageait de commettre "un horrible acte criminel" en Allemagne, a affirmé mardi le patron des renseignements allemands, Heinz Fromm, entendu comme témoin par la Cour d’appel de Berlin. Les renseignements dont dispose la police allemande font ressortir un projet d’"acte très concret, de choses graves", a affirmé le président de l’Office de protection de la Constitution, sans entrer dans les détails. Selon l’accusation, le Tunisien Ihsan Garnaoui est entré clandestinement en Allemagne en janvier 2003 en vue de créer un groupe terroriste pour commettre des attentats visant des cibles américaines et israéliennes. Il aurait aussi envisagé aussi de faire exploser plusieurs bombes au cours d’une manifestation à Berlin contre la guerre en Irak, peu après le début du conflit en mars 2003. Ces projets d’attentats ont été évoqués lors d’une rencontre entre Garnaoui, fils d’un imam, et plusieurs autres musulmans courant février 2003 à Berlin, d’après le Parquet fédéral. Le Tunisien avait été interpellé le 21 mars 2003. Un participant à la rencontre de février 2003, convoqué par la suite par la police pour y être interrogé, s’était entretenu auparavant avec un imam de Leipzig (est) qui lui avait conseillé de ne dénoncer personne, d’après les relevés d’écoutes téléphoniques de la police. L’"horrible acte criminel" en préparation, que M. Fromm n’a pas spécifié, a également été évoqué lors de cette conversation téléphonique, a ajouté le patron des renseignements allemands. Pour nous, a poursuivi M. Fromm, "il n’y a absolument aucun doute sur le lien" entre les éléments provenant des écoutes téléphoniques et ceux provenant du procès-verbal d’audition du participant, qui n’est pas l’objet de poursuites. Ce dernier a été entendu récemment comme témoin par la Cour, qui juge en première instance les affaires de terrorisme. De leur coté, les avocats de la défense ont affirmé que les éléments produits par la police ne permettaient pas de conclure "clairement" à la préparation d’un "acte criminel". Ce qu’a contesté la représentante du Parquet fédéral, Ritzert Silke, en mettant l’accent sur les écoutes téléphoniques. Lors d’une précédente audience, un ex-complice de Garnaoui dans un trafic d’or a affirmé que le Tunisien avait tenté de recruter des connaissances pour les camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Afghanistan. Le Tunisien est aussi poursuivi pour fraude fiscale. Il possédait une agence de voyages et effectuait des transactions d’or et d’argent, dont une partie des recettes aurait pu servir à financer le réseau Al-Qaïda, selon la presse allemande.
Agence France-Presse Berlin - 30 - 11 - 2004 |