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Réunis mardi à Tunis, les ministres du commerce des pays de la zone euro-méditerranéenne ou leurs représentants ont plaidé pour une stratégie commune en vue de contrecarrer "l’invasion" des produits textiles chinois attendue en janvier prochain, date du démantèlement des accords multifibres (AMF) en vigueur depuis 40 ans et de la suppression des quotas textiles. Lors de cette conférence ministérielle sur "l’avenir du secteur textile-habillement dans l’espace euro-méditerranéen", plusieurs participants ont exprimé leur "préoccupation" et leur "angoisse" en prévision de cette échéance, du fait de l’importance de ce secteur dans leurs économies. Selon le ministre tunisien du commerce Mondher Zénaïdi, le secteur emploie en effet quelque 7 millions de salariés dans l’espace euro-méditerranéen, essentiellement des femmes. Il constitue une source essentielle de rentrées de devises. En Tunisie, par exemple, il représente 50% des exportations et emploie 250.000 personnes. C’est presque le même cas pour le Maroc. Aussi, tant les pays du nord que ceux du sud de la Méditerranée ont-ils des intérêts convergents en la matière, a relevé un délégué. "Le secteur du textile-habillement a un rôle clé dans la réalisation de l’intégration régionale : c’est le ciment de l’Euromed et de son avenir, dépendent le processus de Barcelone et la poursuite des réformes entreprise dans les pays de la région", a souligné M. Zénaïdi. Plutôt que de se placer dans une position défensive, les représentants des pays euro-méditerranéens ont prôné une attitude offensive, notamment lors des prochaines négociations multilatérales de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Leur argumentaire : dénoncer le dumping social adopté par la Chine (un salarié chinois est payé 8 fois moins qu’un Tunisien par exemple) et la "dévaluation artificielle" de la monnaie chinoise. Autre mesure préconisée par le commissaire européen au commerce Pascal Lamy : la mise en place de mécanismes de surveillance des flux de produits textiles, en faisant notamment attention au "risque de détournement vers le marché européen d’une partie des exportations chinoises au cas où les Etats-Unis d’Amérique venaient à adopter des mesures protectionnistes". Il a également recommandé "d’accroître la vigilance contre les pratiques déloyales, de renforcer les droits de propriété intellectuelle et de lutter contre la fraude et les contrefaçons". Le ministre délégué français au commerce extérieur François Loos a fait état d’une "volonté de construire quelque chose ensemble", car, a-t-il fait valoir, le partenariat euro-méditerranéen se fonde sur des raisons culturelles, historiques, de stabilité et de paix, ainsi que sur une complémentarité et des intérêts mutuellement profitables. Dans la "déclaration de Tunis" adoptée à la fin de leurs travaux, les participants se sont engagés à "agir solidairement pour renforcer l’intégration régionale dans l’espace euro-méditerranéen".
© The Associated Press Tunis - 29 Septembre 2004
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