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VERS UN GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE AU TOGO
ABUJA (Reuters) - Les deux principaux adversaires politiques togolais sont convenus lundi de former un "gouvernement d’unité nationale" au lendemain d’une élection présidentielle qui a provoqué des incidents de rue à Lomé.
L’accord est intervenu à Abuja, où Faure Gnassingbé, candidat du pouvoir, et l’opposant Gilchrist Olympio étaient réunis en présence du président nigérian Olusegun Obasanjo.
"Ils se sont mis d’accord pour que le vainqueur, quel qu’il soit, forme un gouvernement d’unité nationale qui permettra à chacun de participer au gouvernement", a dit Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine.
Le scrutin de dimanche opposait Gnassingbé, 39 ans, chef de file du Rassemblement du peuple togolais (RPT), à Emmanuel Akitani-Bob, 74 ans, candidat unique de l’Union des forces de changement (UFC, opposition).
Olympio, qui vit en exil, ne pouvait pas y participer en vertu de la constitution togolaise, mais il reste le plus puissant dirigeant d’opposition du pays. Obasanjo l’a fait venir au Nigeria pour y rencontrer Gnassingbé à la suite d’accrochages qui ont fait au moins trois morts et des dizaines de blessés durant le scrutin. Des incidents ont éclaté lundi entre partisans de l’opposition et forces de l’ordre.
"Je vous ai invités, Gilchrist et Faure, avant les résultats définitifs de l’élection pour que nous puissions définir un moyen d’aller de l’avant", a dit le président nigérian.
Il a précisé que les deux adversaires avaient décidé de réexaminer la constitution togolaise pour l’amender de façon à "satisfaire aux droits de l’homme fondamentaux" et favoriser "une participation populaire à la politique".
Olympio, confirmant les points d’accord cités par Obasanjo, a déclaré que Gnassingbé et lui souhaitaient la paix au Togo, pays que le père du premier, Gnassingbé Eyadéma, a gouverné durant 38 ans sans partage, jusqu’à sa mort en février dernier.
L’opposant en exil a appelé de ses voeux une époque où seraient respectés les droits et la dignité de chaque Togolais, ainsi qu’un rôle plus constructif pour les partis d’opposition.
Les dirigeants africains veulent éviter un nouveau conflit dans une région déjà marquée par des conflits coriaces dans plusieurs pays voisins.
La tension persistait lundi à Lomé, où des partisans de l’opposition armés de pierres et de bâtons se sont heurtés aux forces de l’ordre tandis que les Togolais attendaient les résultats du scrutin. |