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Genève - Paris, le 27 avril 2005 - L’Observatoire pour la protection
des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de
l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération
internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), exprime sa
plus vive préoccupation quant à la situation des défenseurs des
droits de l’Homme au Togo. Depuis le dimanche 24 avril 2005, jour des
élections présidentielles, les membres d’organisations de défense des
droits de l’Homme sont non seulement empêchés de travailler mais leur
intégrité physique et psychologique est gravement menacée.
Selon les informations reçues, les défenseurs des droits de l’Homme
qui souhaitaient observer la régularité des opérations de vote et de
dépouillement en ont été empêchés par les forces de l’ordre. Les
médias indépendants ont été fermés sur ordre des autorités
nationales. Des correspondants de la presse internationale ont été
refoulés du territoire. Tous les moyens de communication tels que les
téléphones mobiles, les fax et internet sont coupés depuis le milieu
de l’après-midi du 24 avril 2005. Ces faits constituent des
violations systématiques du droit de communiquer et d’informer
garanti par les instruments internationaux de protection des droits
de l’Homme. Ils sont contraires à l’article 6 de la Déclaration
adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies sur les défenseurs
des droits de l’Homme qui stipule que "Chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres :
a) De détenir, rechercher, obtenir, recevoir et conserver des
informations sur tous les droits de l’homme et toutes les libertés
fondamentales (...) ;
b) Conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de
l’homme et autres instruments internationaux applicables, de publier,
communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et
connaissances sur tous les droits de l’homme et toutes les libertés
fondamentales ;"
En outre, depuis l’annonce officielle de la victoire aux
présidentielles du candidat Faure Gnassimgbe, la ville de Lomé
connaît des affrontements violents entre les forces de l’ordre et les
jeunes manifestants qui contestent dans les rues la validité des
résultats du scrutin. Dans ces conditions,
l’Observatoire a toutes les raisons de craindre pour
la sécurité des défenseurs des droits de l’Homme, plus
particulièrement ceux qui ont condamné les graves violations des
droits de l’Homme commises par les autorités
nationales depuis la tentative de coup d’Etat de Faure Gnassimgbe le
5 février 2005. Le président de la Ligue togolaise des droits de
l’Homme, Adoté Akwai, a confirmé à
l’Observatoire que toutes les ONG ont fermé leur bureau de craintes
de pillages, destructions de biens, et des menaces pour leur
intégrité physique.
L’Observatoire demande aux autorités togolaises de respecter
l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs qui impose aux
Etats de prendre "toutes les mesures nécessaires pour assurer que les
autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou
en association avec d’autres, de toute violence, menace,
représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre
action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits
visés dans la présente Déclaration".
Contact presse : FIDH : 00 33 1 43 55 25 18 / OMCT : 00 41 22 809 49
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