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Il faut reconnaître, la vie est difficile pour les étrangers en Tunisie. Il y a, certes, de temps en temps, quelques personnes qui lancent des injures racistes à l’encontre d’Africains subsahariens. Mais, ces comportements ne ciblent pas une nationalité précise. Les trafics et autres pratiques illicites auxquels se livrent certains Africains irritent, de plus en plus les Tunisiens.
Des tensions se signalent à l’horizon.
Les relations entre les Ivoiriens, Africains et les Tunisiens ne cessent de se dégrader. Il est même à craindre des violences, si les points de discorde ne sont pas vite résolus. Les descentes policières dans les logements d’étudiants sont de pus en plus dénoncées par les Ivoiriens et les Africains. Mais, le problème réel, est que les ressortissants d’Afrique de l’Ouest entrent en Tunisie sans visa de long séjour. Ils se contentent d’un visa d’une durée de trois mois. Par exemple, avec la dernière Coupe d’Afrique des nations (Can) de février 2004, beaucoup de ceux qui sont entrés, pour officiellement suivre la compétition, sont restés, et la police s’est donc mise naturellement à les rechercher.
Trafic en tous genres
Beaucoup entrent donc à Tunis avec ce visa de tourisme de trois mois, puis se fondent dans la nature. Les autorités tunisiennes ont toujours été assez tolérantes à cet égard, et les contrôles étaient plutôt timides jusqu’à une date récente où les drames de l’immigration clandestine se sont faits réguliers. Avec au centre, des Africains de toutes nationalités, utilisant le territoire tunisien comme point de passage pour la traversée de la Méditerranée, en direction de l’Europe. Les Européens, notamment les Italiens, n’ont de cesse d’accuser les autorités tunisiennes de laxisme dans le contrôle de l’immigration clandestine africaine en Tunisie, et jusqu’ici, la Tunisie n’a pas obtempéré à leurs revendications de durcir les conditions d’entrée des Subsahariens sur leur sol, notamment par l’instauration de visas. Par ailleurs, les ressortissants du Nigeria, de Guinée, de Côte d’Ivoire et du Libéria se sont lancés dans des trafics de fausse monnaie, de "lavement de dollars noirs"... Les mésaventures des Tunisiens grugés par ces procédés sont régulièrement rapportées par la presse tunisienne. Un autre filon utilisé par ces faussaires et escrocs qui pillulent désormais à Tunis, est celui du faux certificat de scolarité. Des écoles supérieures et instituts privés sont ainsi passés maîtres dans l’art de délivrer, contre rétributions, de faux certificats, faisant croire que les individus recherchés sont inscrits dans leurs rangs. Une liste de ces écoles a d’ailleurs été dressée, et dès lors qu’un certificat de scolarité émane de ces établissements, il est suspecté de faux. Bien entendu, il se peut que des individus régulièrement inscrits fassent les frais des agissements nocifs de leurs compatriotes et deviennent donc des victimes collatérales de la lutte contre le trafic de fausse monnaie et aussi le trafic... de filles de ménage. Des réseaux de convoyage de filles de ménage ou de maîtresses déguisées en filles de ménage existent désormais à Tunis, depuis l’arrivée des fonctionnaires de la BAD. Même dans des ambassades, un réseau de convoyage de filles de ménage existe, pendant que des fonctionnaires se sont signalés par des actes indignes de la profession de diplomates (chèques sans provision, escroquerie, etc.). En somme, les Africains subsahariens sont en train de ternir leur image en Tunisie. Et il est temps de tirer la sonnette d’alarme pour qu’Ivoiriens et Africains cessent ces trafics et autres réseaux de prostitution déguisés qui irritent les Tunisiens dont certains sont tentés par le raccourci : "Si ce n’est toi, c’est donc l’un des tiens" !
A. Toumayo Correspondance particulière de Tunis L’intelligent d’Abidjan - 04 - 03 - 2005 |