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La Chine, l’Inde et le Pakistan, trois grands exportateurs textiles, ont bloqué jeudi des discussions à l’OMC sur l’aide à apporter aux pays pauvres après l’expiration du régime des quotas le 1er janvier prochain. Plusieurs pays en développement avaient demandé au secrétariat de l’OMC de préparer une étude sur les conséquences de la fin des quotas pour les petites économies vulnérables, qui craignent un déferlement d’exportations chinoises vers les pays développés. Mais la Chine, l’Inde et le Pakistan ainsi que Hong Kong, qui ont le plus à gagner de la disparition du régime des quotas, se sont opposés à cette proposition lors d’une réunion du conseil des marchandises, a-t-on indiqué de source proche de l’OMC. La proposition devrait faire l’objet de nouvelles consultations dans les deux mois qui viennent. "Ils traînent les pieds", a observé un diplomate d’un pays membre. "Il est clair que Chinois et Indiens seraient beaucoup plus contents qu’on termine cette procédure, alors que les PMA (pays les moins avancés) et les États-unis souhaitent que l’on continue". Aux termes d’un accord international de 1994, les derniers quotas qui garantissaient un accès aux pays riches pour les importations textiles des pays en développement disparaîtront le 1er janvier prochain. La fin des quotas fait craindre aux petits pays producteurs comme aux grands pays importateurs un déferlement de vêtements fabriqués en Chine, déjà premier exportateur mondial d’habillement avec 28% du marché mondial. Selon une étude de l’OMC, les exportations chinoises de vêtements devraient représenter 50% du total aux Etats-Unis après la fin des quotas, contre 16% actuellement. Vers l’Union européenne, leur part passerait de 18% à 29%. Officiellement, Chinois et Indiens ont expliqué que la question de l’ajustement à la disparition des quotas dépassait le simple secteur du textile et devait englober d’autres domaines, comme l’agriculture, selon la source proche de l’OMC. "En fait, ils ne veulent pas que l’OMC continue à s’occuper du textile comme un secteur à part, mais plutôt qu’il soit traité par le sous-comité des PMA", selon la même source. Aucun pays n’a proposé de reporter la date de l’expiration des quotas textiles, qui risque de se traduire par des milliers de fermetures d’usines et des millions de licenciements dans des pays tels que le Bangladesh, l’île Maurice, la Tunisie ou la Turquie. La Chine, forte d’une industrie compétitive, d’une main d’oeuvre à bon marché et d’un taux de change favorable, insiste pour que cette date soit respectée et estime que le régime des quotas a perturbé le commerce mondial des produits textiles depuis 40 ans. Reconnaissant que certains pays risquent d’avoir du mal à s’adapter au nouvel environnement, Pékin a appelé en octobre dernier la Banque mondiale et le Fonds monétaire international à leur venir en aide. Dans les pays industrialisés, certains producteurs ont appelé Bruxelles et Washington à déclencher après le 1er janvier les mesures de sauvegarde auxquelles leur donne droit jusqu’à fin 2008 le protocole d’adhésion de la Chine à l’OMC en cas de hausse brutale des importations chinoises. Mais Pékin a mis en garde contre une telle éventualité.
Agence France-Presse 25 - 11 - 2004 |