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L’emploi demeure un « défi considérable » pour les pays du Maghreb, a affirmé Assâad Jabre, vice-président de la Société financière internationale à la Banque mondiale, à l’ouverture mardi à Tunis d’une table-ronde sur les « défis du développement » dans la région.
Organisée par la Banque mondiale en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), cette table-ronde réunit durant deux jours plus de 200 experts maghrébins et responsables gouvernementaux d’Algérie, du Maroc et de Tunisie.
« Le Maghreb doit créer 22 millions d’emplois au cours des deux prochaines décennies », a déclaré M. Jabre, jugeant les taux de croissance régionaux « respectables mais insuffisants » pour absorber une demande de plus en plus importante sur le marché de l¹emploi.
Le président du Groupe de la BAD, Omar Kabbaj, a déclaré pour sa part que « le taux de chômage particulièrement élevé demeure une préoccupation majeure au Maghreb » et pourrait constituer un facteur de déstabilisation pour la région.
Il a estimé que cette table ronde devrait aboutir à « un large consensus sur un programme de réformes », insistant sur la nécessité de promouvoir le rôle du secteur privé entravé par une « prédominance des entreprises publiques dans des marchés protégés ».
« L’intensification des créations d’emplois, objectif ultime de la période future, appelle de notre part un surcroît d¹effort en vue d’atteindre des paliers supérieurs de croissance », a déclaré le ministre tunisien du Développement économique et de la coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini.
Selon lui, cette croissance devrait être « stimulée par une intensification des échanges et une dynamique de l¹investissement privé ».
Outre l’emploi, les participants débattront d’autres « défis qui se posent au Maghreb, en matière de commerce extérieur, de gouvernance et de genre ».
Réunis par groupes thématiques, les participants feront des recommandations pour valoriser le potentiel maghrébin.
Ce potentiel recèle, selon M. Jouini, d’ »importants ressources naturelles : 2,5 à 3% des réserves mondiales de pétrole, environ 4% des réserves de gaz naturel et plus de 50% des réserves de phosphate », outre un « potentiel agricole important ».
« Ces atouts doivent être mis en valeur par une intégration maghrébine poussée et accélérée », a-t-il préconisé.
Cette réunion maghrébine intervient au lendemain du report sine die du sommet de l’Union du Maghreb arabe (Uma), le premier depuis plus de dix ans, qui devait se tenir le 25 mai à Tripoli, en raison du différend sur le Sahara qui oppose le Maroc à l’Algérie. |