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- L’un des principaux dirigeants de l’organisation Marocaine ILAL AMAM - Martyre du mouvement Marxiste-léniniste Marocain - Martyre du peuple Marocain
Ci-dessous lettre de la Famille de Amine TAHANI au Président de l’IER :
Requête pour l’établissement de la vérité sur l’enlèvement, la disparition, la torture et le décès d’Amine Tahani
Monsieur le Président de l’IER,
Nous nous adressons à vous pour vous exposer notre attente concernant l’affaire Amine TAHANI et en particulier l’établissement de toute la vérité sur les conditions qui ont conduit à son décès. Et tout en prenant acte de la nature extrajudiciaire de votre institution, nous cherchons à savoir de quelle manière la justice pourrait être rendue dans ce cas. Nous vous demandons une audience pour vous exposer notre requête. Ce que nous savons Nous n’avons jamais été officiellement informés des conditions du décès de Amine. Ce que nous savons est basé sur les témoignages de personnes ayant assisté à l’enlèvement, d’autres se trouvant dans le même lieu de détention que Amine et enfin du personnel médical de l’hôpital Averroès à Casablanca. Amine TAHANI a été enlevé le 27 octobre 1985 à 11 heures à Salé, il a été conduit à Derb Moulay Cherif à 13 heures.Il y a été torturé. A plusieurs reprises, il était ramené à sa cellule, épaulé par deux individus, la tête tombant sur ses épaules comme s’il était évanoui. Le 4 Novembre, date de son 29ème anniversaire, il est tombé dans le coma. A l’hôpital, il a été enregistré sous un faux nom, Abdellatif Ahmed, par des personnes se déclarant appartenir à la Police. C’est parce qu’il avait gardé sa pièce d’identité dissimulée dans ses sous vêtements que sa véritable identité a pu être dévoilée. Amine est mort le 6 Novembre 1985 à 20 heures15 suite aux tortures subies dans les locaux de l’État marocain et sa famille n’a été informée du décès que le 11 Novembre.
Ce qui doit être établi pour avancer vers la vérité
Par quel service Amine a été enlevé et torturé ? De quel autorité de l’État marocain, dépendait ce service ? Quelles sont les personnes qui ont procédé à : 1 - l’enlèvement d’Amine 2 - L’interrogatoire et à la torture d’Amine Qui étaient les donneurs d’ordre et quelle était leur hiérarchie ? Dans quelles conditions s’est déroulé cet interrogatoire et quel en était l’objet ? Dans quelles conditions Amine TAHANI a été transféré à l’hôpital Averroès ? Pourquoi l’avoir fait admettre à l’hôpital sous un faux nom ?
L’établissement de la vérité
Dans notre démarche, nous nous basons sur certains passages des textes qui sont considérés comme composantes de référence de votre instance. Ces textes, et notamment le discours du chef de l’État, mettent en avant la volonté de « tirer les enseignements qui s’imposent et d’établir les faits ».A la lecture de ce texte, nous notons également que parmi les objectifs clairement assignés à votre instance, figure celui de la rédaction d’un rapport pour l’établissement des faits. La vérité, pour nous n’est pas un vain mot. La vérité est une notion très concrète. Dans le cas précis qui nous concerne, cela revient à apporter une réponse aux questions précises que nous posons. Amine n’était pas un hors la loi. Il était un militant politique qui n’a jamais eu recours à la violence pour défendre ses idées. Il est mort dans les locaux de l’État et sous la seule responsabilité de celui-ci. Nous réclamons une reconnaissance de la responsabilité de l’état dans l’enlèvement et le décès de Amine. Nous voulons que soit établi le caractère arbitraire de cet acte et le fait que cette mort est due à la torture qu’il a subie. Nous croyons que votre instance a la possibilité, comme cela a été énoncé par plusieurs responsables du CCDH, d’enquêter dans cette affaire et de convoquer les responsables du sinistre centre de torture de l’époque des faits pour faire toute la lumière. Nous exprimons le souhait que votre enquête et votre rapport fasse état des faits et des responsabilités dans cette affaire.
La justice
Rien ni personne ne peut exprimer la douleur et la souffrance à laquelle nous avons dû et nous devons, aujourd’hui encore, faire face au souvenir de la disparition de notre très cher Amine et particulièrement des conditions dans lesquelles il a disparu. L’objet de notre présente requête n’est pas de faire état de cette souffrance, car elle relève de notre sphère privée. Par contre, ce que nous ressentons, nous renforce dans notre volonté, qui vient s’ajouter à celles des autres citoyens marocains, de contribuer à ce que ces tragédies ne puissent plus se reproduire. Il est communément admis que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Si des conditions similaires à celles qui ont conduit au décès de notre cher Amine, entre les mains d’un service de l’État, venaient à se reproduire, la tentation de la récidive ne peut être repoussée que par la crédibilité de la justice. Pour cette raison, nous vous demandons de nous dire de quelle manière nous devons procéder pour que la justice soit rendue dans le cas du décès d’Amine TAHANI alors qu’il était détenu par un service de l’État ? Il ne nous échappe pas que ce combat pour la justice est un combat difficile. Ayons le courage de le mener.
Famille de Amine TAHANI
Abderrazzak Drissi 07 - 11 - 2004 |