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Les représentants d’une cinquantaine d’ONG et d’initiatives agissant dans le domaine des droits de l’Homme ont annoncé vendredi la création d’un "groupe pour la défense de l’État de droit" face à la "culture de la violence", au cours d’une conférence de presse à Nouakchott. Le porte-parole du groupe, l’avocat mauritanien Mohamed Ould Dahane, a expliqué aux journalistes que l’initiative avait pour objectif "d’oeuvrer à la préservation de l’État de droit, de la paix civile, ainsi qu’à la valorisation des acquis démocratiques". "Nous ferons face aux formes de complicité intolérables avec l’esprit du putsch et du non-droit régnant actuellement au sein des soi-disant organisations des droits de l’Homme qui ne font que cultiver l’extrémisme et se meuvent dans une géopolitique du chaos et de la terreur dans le continent", a déclaré Me Ould Dahane. Selon lui, le groupe exige du gouvernement un procès équitable pour les auteurs présumés d’une tentative de putsch mise en échec en juin 2003, dont certains ont été arrêtés récemment et sont détenus à Nouakchott. Le groupe réclame également justice et réparation pour les victimes de ce putsch avorté. Cette tentative, lancée le 8 juin 2003, a été mise en échec après 36 heures de combats qui ont fait 15 morts et 68 blessés, civils et militaires, selon le bilan officiel. Mohamed Ould Dahane a également estimé que des organisations comme l’Association mauritanienne de défense des droits de l’Homme (AMDH) et SOS-Esclaves "répandent rumeurs et mensonges" au sujet des prisonniers présumés putschistes, et "se préoccupent peu du tort causé par ceux-ci aux institutions de l’Etat et aux citoyens innocents". Cette semaine, l’AMDH et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) avaient dénoncé des "détentions sous silence" et s’étaient inquiétées de l’état de santé de plusieurs militaires et civils arrêtés dans le cadre de l’enquête sur une série de tentatives présumées de coups d’État en Mauritanie. SOS-Esclaves avait de son côté fustigé des "pratiques inhumaines" sur certains prisonniers. Toutes ces ONG, de même que l’Observatoire mauritanien des droits de l’Homme (OMDH), avaient invité les autorités mauritaniennes à respecter les droits des détenus, notamment à recevoir la visite de leurs familles, des médecins et des avocats et à bénéficier d’un procès équitable.
Agence France-Presse 15 - 10 - 2004 |