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La Libye envisage de lever "prochainement" les subventions sur le carburant, l’électricité et les produits alimentaires de première nécessité, qui lui coûtent actuellement cinq milliards de dollars par an, a déclaré lundi à l’AFP le Premier ministre Choukri Ghanem. M. Ghanem a expliqué que ces nouvelles mesures visaient à "renforcer et libéraliser l’économie", gravement atteinte durant les années de sanctions internationales, européennes et américaines imposées à la Libye dont le régime du colonel Mouammar Kadhafi était accusé de soutenir le terrorisme. Le Premier ministre a reçu en 2003 du colonel Kadhafi la mission de rouvrir le pays aux investisseurs étrangers après 20 ans de mise en quarantaine internationale, le dirigeant libyen ayant réglé plusieurs de ses contentieux avec l’Occident, notamment les États-unis. La première des mesures économiques, a précisé M. Ghanem, concerne la levée des subventions sur les denrées alimentaires de première nécessité (sucre, thé, huile, farine, riz...) et dont le montant s’élève à 2 mds USD par an. Mais il a souligné que cette levée s’accompagnerait d’une augmentation de 150 dinars (130 dinars = 100 USD) du salaire mensuel, d’une baisse des impôts et d’une suppression des intérêts bancaires. Le salaire minimum en Libye est de 150 dinars mensuels. Le Premier ministre a précisé que l’augmentation des salaires serait applicable aussi aux sociétés étrangères et qu’une loi serait promulguée en ce sens. Après "une réévaluation des salaires qui permettra au citoyen libyen de toucher autant que d’autres ressortissants de pays pétroliers", l’État lèvera les subventions sur l’essence qui lui coûtaient 2 mds USD par an, a poursuivi M. Ghanem. Le litre d’essence est à 0,11 dinar en Libye et la contrebande du carburant est très active en direction des pays voisins, tels la Tunisie et l’Égypte. Concernant l’électricité, les subventions seront levées pour les Libyens consommant plus de 500 kilowatts par mois, a-t-il ajouté, soulignant que son pays avait ces deux dernières années investi dans ce domaine pour 7 mds USD. Le Premier ministre a critiqué la politique de subventions menée jusqu’ici en Libye, dénonçant ses effets pervers, notamment la "corruption au sein de l’administration et la contrebande". Il a en outre a fait état de "plus 270.000 chômeurs libyens". Il y a cinq millions d’habitants en Libye mais le chiffre de la population active n’est pas connu. Cependant, M. Ghanem a soutenu que "ce chiffre (de chômeurs) n’est pas énorme car il y a deux millions d’étrangers travaillant en Libye, qui seront remplacés progressivement par des Libyens, dans le cadre de nouvelles lois en cours d’élaboration". "Aux termes de ces lois, les sociétés étrangères seront tenues d’employer un nombre de Libyens supérieur à celui des étrangers et aussi de réévaluer les salaires de tous les employés", a dit le Premier ministre. Il a aussi souligné que son pays avait besoin de "120.000 nouveaux logements, dont le nombre doit être doublé au début 2010". Selon lui, les Libyens auront désormais le droit de négocier leur patrimoine immobilier, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. En octobre, M. Ghanem avait estimé les réserves pétrolières de la Libye à 47 milliards de barils, soulignant qu’elles pourraient être encore plus importantes. La Libye a pour ambition de doubler sa production pour atteindre 3 millions de barils par jour en 2010, selon lui.
Agence France-Presse 01 - 11 - 2004 |