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Hocine Aït Ahmed, est de retour en Algérie, pour les célébrations du cinquantenaire du soulèvement contre la France, le 1er novembre 1954. Après un exil volontaire de cinq ans, cette figure emblématique de la guerre d’indépendance et de l’opposition appelle à un retour aux valeurs fondatrices du mouvement national algérien. Le chef du Front des forces socialistes (FFS, formation d’inspiration berbériste) avait quitté l’Algérie en 1999, au lendemain de l’élection présidentielle, pour laquelle il s’était porté candidat avant de se retirer aux côtés de quatre autres candidats, scrutin qui avait vu la victoire de l’actuel président Abdelaziz Bouteflika, réélu pour un second mandat cette année. Pour marquer son retour, et à la veille du 1er novembre, le leader charismatique du FFS devait animer une conférence sur le bilan de la révolution dimanche soir dans la banlieue d’Alger, en compagnie de l’ex-chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, et de l’ex-secrétaire général du Front de libération nationale, Abdelhamid Mehri. Aït Ahmed, qui a d’emblée indiqué que ce sont bien les festivités du 50e anniversaire de la guerre de Libération qui l’ont fait revenir, a estimé, à son arrivée samedi à Alger, que de nombreuses occasions avaient été ratées. "Le cinquantenaire doit être le catalyseur qui puisse permettre aux jeunes de s’exprimer, à la société de s’organiser, au mouvement associatif d’être reconnu". "J’aimerais bien savoir tout d’abord, avant de me renseigner, est-ce qu’il reste quelque chose des valeurs de Novembre pour les jeunes ?", a-t-il demandé en évoquant une génération qui "n’a pas connu la guerre et (qui) vit dans des problèmes inextricables". Ce sous-entendu au sujet de l’absence dans l’Algérie d’aujourd’hui des valeurs ayant inspiré le mouvement national et la nécessité à ses yeux de la remobilisation de la société pour la concrétisation de la république démocratique et sociale, donnent à penser que son retour s’inscrit dans un projet politique. Une perspective d’autant plausible que Hocine Aït Ahmed n’a pas manqué de se présenter en "réconciliateur" et en "rassembleur", un peu à la manière d’Abdelaziz Bouteflika en 1999. "Il faut que nous nous écoutions les uns les autres quelles que soient nos chapelles politiques", a affirmé le leader du FFS avant de demander à ce que "les barrières" soient levées pour permettre à "cette société de s’organiser et à ce que le mouvement associatif soit reconnu".
Associates Press Alger - 31 - 10 - 2004
Les harkis, trahis par la mère-patrie
Pour le président algérien Abdelaziz Bouteflika, ce ne sont rien moins que des "collabos". C’est le mot qu’il a employé un jour lors d’une visite en France en parlant des harkis, ces supplétifs algériens de l’armée française qui ont combattu le Front de libération nationale (FLN) et se sont donc opposés à l’indépendance de leur pays. La France n’a pourtant pas fait preuve d’une reconnaissance excessive à l’égard de ceux qui ont "collaboré" avec elle. Il y a ceux qu’elle a carrément abandonnés sur place lors de l’indépendance en 1962 après les avoir désarmés, les condamnant à des représailles sanglantes. Il y a ceux qu’elle a embarqués dans les bateaux pour la métropole mais qui n’ont pu ou su s’adapter à leur nouveau pays. Ces Français théoriquement à part entière sont demeurés entièrement à part, ignorés de leurs compatriotes français, souvent victimes du racisme tout en étant méprisés de leurs frères algériens. Leurs doléances font régulièrement les titres de l’actualité, les jeunes se montrant plus combatifs que leurs aînés pour faire valoir leurs droits. Une "harka" en arabe, c’est une troupe en mouvement. Il s’agissait d’auxiliaires musulmans rattachés à l’armée française. A l’indépendance, en 1962, ils étaient 70.000 harkis au sens propre, sans compter 50.000 autres militaires algériens incorporés dans les unités régulières. De fait, le terme de "harki" est appliqué sans distinction aujourd’hui aux deux catégories. Vingt mille seront "rapatriés", sans compter leur famille -ce qui représenterait au moins 100.000 personnes au total. Avec leurs descendants en France, il seraient aujourd’hui environ 400.000, souvent installés dans le Sud. Ceux qui sont restés en Algérie n’ont pas tous été massacrés et il est d’ailleurs impossible de savoir combien ont payé le "mauvais choix" de leur vie, de même que l’on ignore réellement le nombre de victimes de la guerre d’Algérie. Toutefois, les estimations qui sont avancées quant au nombre de harkis massacrés lors de l’indépendance en 1962 varie de 30.000 à 60.000.
Associates Press Paris - 30 - 10 - 2004 |