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Les autorités tunisiennes déterminées à empêcher la tenue de la réunion maghrébine "Pour un Maghreb sans prisonniers politiques" :
Les autorités tunisiennes ont multiplié ces derniers jours les entraves et les pressions afin d’empêcher la tenue de la réunion maghrébine "Pour un Maghreb sans prisonniers politiques". Cette réunion prévue demain à Tunis, à laquelle ont appelé les partis de la coalition démocratique (FDTL, PCOT, PDP, CPR), "devrait" se tenir à l’espace El Theatro. Elle a été annoncée il y a quelques semaines et plusieurs partis politiques de Mauritanie, du Maroc et de l’Algérie ont été invités pour y participer. C’était certainement sans compter sur l’attitude de la dictature tunisienne qui s’est activé sur deux fronts :
Les invités : Plusieurs partis politiques marocains représentés au sein du gouvernement de leur pays (USFP, Istiklal, ...) auraient subi des pressions de la part des autorités tunisiennes. Ils ont fini par se rétracter et décliner l’invitation alors qu’ils avaient confirmé leur participation il y a quelques jours. Ce soir seuls les représentants de la GSU, du PJD et de l’alternative civilisationnelle du Maroc, ainsi que le FFS de l’Algérie sont arrivés à Tunis.
Le lieu : Chaque fois que l’opposition tunisienne ou les ONG indépendantes cherchent à organiser une manifestation à Tunis, cette tâche relève du parcours du combattant et s’avère souvent impossible à résoudre.
La manifestation prévue pour demain n’a pas échappé à cette règle. En effet, chaque fois que les organisateurs ont contacté un hôtel pour réserver une salle, ils ont eu un accord de principe dans un premier temps, avant de voir le gestionnaire de l’établissement en question se rétracter sous les pressions policières.
Cette fois les organisateurs ont fini par trouver un lieu, la direction de l’espace culturel El Theatro a accepté d’accueillir la réunion et les invitations ont été distribuées en conséquence. Entre-temps, les pressions contre la direction d’El Theatro se sont multipliées, allant jusqu’à menacer de le fermer. Le consortium tunisio-koweitien pour le développement propriétaire de l’hôtel El Mechtel, où se situe l’espace El Theatro, a ouvertement menacé la direction de l’espace de rompre le bail si elle permet la tenue de la réunion chez elle. De son côté, la police des districts de Tunis et de Al Omrane a menacé de fermer l’espace prétextant du fait que ce lieu doit être réservé aux manifestations culturelles et par conséquent ne peut accueillir des réunions politiques.
Les partis de la coalition démocratique réunis aujourd’hui ont fermement condamné ces pratiques d’un autre âge et se sont déclarés déterminés à se battre pour imposer leur droit à libre réunion.
Brèves :
Une étudiante et un étudiant de la faculté de Manouba viennent d’être condamnés à 6 et 9 mois de prison avec sursis. Ils ont été arrêtés lors du mouvement de protestation contre l’invitation adressée par Ben Ali à Sharon pour visiter la Tunisie.
Un jugement de 4 ans de prison ferme a été prononcé hier à l’encontre de Taoufik Hammami pour "vol avec menace de faire usage d’une arme". Son avocate, Me Radhia Nasraoui, s’est élevée contre ce verdict expéditif dénonçant une affaire montée de toute pièce. Ce procès, comme plusieurs autres en Tunisie, s’inscrit dans le cadre d’une politique de punitions collectives. En effet, Taoufik Hammami, détenu depuis le 14 juillet 2004, n’est autre que le frère de Lotfi Hammami responsable syndical au sein de l’UGET-France. Rappelons que ce dernier a été arrêté, torturé et emprisonné à plusieurs reprises tout au long des quinze dernières années pour ses activités politiques liées au parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT).
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