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Notre Voie - 2/12/2005 1:12:40 AM
Des hommes d’affaires tunisiens, malgré la situation de crise en Côte d’Ivoire, y sont venus pour une mission de prospection économique du 11 au 15 février. Ils étudieront les opportunités d’investissement dans le pays dans le cadre de la reconstruction économique nationale. La cérémonie inaugurale de la mission a eu lieu, hier, à la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCICI) au Plateau, en présence du ministre de l’Industrie et du Développement du secteur privé, M. Jeannot Ahoussou Kouadio. Trouver des partenaires, découvrir le potentiel économique de la Côte d’ivoire, offrir des opportunités d’affaires et rechercher d’autres débouchés, sont les objectifs de la mission des opérateurs économiques tunisiens.
A la cérémonie d’ouverture, le ministre Ahoussou Kouadio a dit que les hommes d’affaires tunisiens, en choisissant de miser sur la Côte d’Ivoire, n’ont pas fait un choix hasardeux. Pour lui, il y a des raisons de croire en ce pays, au regard de ses infrastructures économiques, de sa main-d’uvre qualifiée et bon marché et des réformes en cours pour rendre plus attrayant l’environnement des affaires par la création et l’aménagement de zones industrielles et de zones franches et la révision du code des investissements. Le ministre ivoirien a, en outre, évoqué le désengagement de l’Etat des activités productrices et commerciales au profit du secteur privé, et les vastes chantiers à venir dans le cadre de la reconstruction et de la réhabilitation des infrastructures du pays. Il n’a pas manqué de parler du renforcement des exportations qui va engendrer beaucoup d’initiatives. Selon le ministre Ahoussou, le gouvernement ivoirien soutient sans réserve les relations de partenariat qui vont se tisser à travers la mission tunisienne.
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie, M. Jean Louis Billon a, pour sa part, reconnu que la crise que traverse la Côte d’Ivoire n’a en rien entamé les liens de profonde amitié qui existent entre les deux pays. Pour lui, les opportunités d’échanges entre les deux pays ne sont pas suffisamment exploitées. A titre d’exemple, les importations ivoiriennes en provenance de la Tunisie sont évaluées à plus de 4 milliards FCFA en 2003, quand les exportations ivoiriennes vers la Tunisie sont estimées à 14 milliards FCFA. "Tout cela nous interpellent, nous invite à redoubler d’effort et à faire preuve de créativité", a-t-il proposé. Il exhorte les opérateurs économiques des deux pays à rechercher des voies de coopération adaptées à la situation des économies et à ouvrir de nouveaux chantiers en vue d’augmenter les échanges et tracer les voies d’une coopération sud-sud rénovée.
M. Riadh Azaïez, président de la Chambre de commerce tuniso-belge-luxembourgeoise a, quant à lui, déploré le déficit de communication entre les deux nations en matière économique. Le développement des relations économiques entre les deux États va contribuer à développer l’identité africaine.
Pour pallier le déficit de communication, M. Emmanuel Kouamé, conseiller technique du directeur général du Centre de promotion et d’investissement en Côte d’Ivoire (CEPICI), a fait une communication sur les opportunités d’investissement en Côte d’Ivoire non sans évoquer le code d’investissement, les garanties offertes et les structures disponibles en la matière. Il a révélé que les entreprises telles que la SICOGI, la SIVAC, HEVEGO, etc., seront privatisées. Il a parlé de la création du complexe olympique d’Abidjan, du prolongement de l’autoroute de Yamoussoukro à Bouaké, et la création d’une ligne de chemin de fer entre le Port autonome d’Abidjan (PAA), à celui de San Pedro.
Le représentant du CEPEX de la Tunisie, M. Sami Khlil a, lui, exposé sur les intérêts de la collaboration entre la Côte d’Ivoire et son pays. Il a expliqué le projet d’accord sur le commerce et l’investissement où il s’agira d’appliquer une rééducation de 50% du droit de douane pour les produits de l’UEMOA qui vont pénétrer la Tunisie. Selon lui, la Côte d’Ivoire a déjà signé l’accord. La Tunisie étant à proximité des grands marchés occidentaux, il est convaincu que cet atout va profiter à la Côte d’Ivoire.
Gomon Edmond |