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vendredi 1 juillet 2005, 21h35
TUNIS (AP) - Quatre associations tunisiennes ont lancé vendredi une campagne visant à la promulgation d’une amnistie générale en faveur des prisonniers d’opinion et des détenus condamnés pour des délits politiques.
Estimés à l’origine à plus d’un millier il y a quelques années, le nombre de ces détenus qui sont pour la plupart des dirigeants et membres du mouvement islamiste interdit "Ennahdha", a été ramené à quelque 500 personnes à la suite de plusieurs mesures de grâce prises ces dernières années par le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali.
Les autorités leur dénient cependant la qualité de détenus politiques, les considérant comme étant des prisonniers de droit commun en se fondant sur les délits pour lesquels ils ont été condamnés.
Dans un communiqué, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH/légale), le Conseil national pour les Libertés en Tunisie (CNLT) l’Association Internationale au Soutien des Prisonniers Politiques (AISPPT) et l’Association de Lutte contre la Torture en Tunisie (ALTT), toutes trois non reconnues, font valoir que "la promulgation d’une loi sur l’amnistie générale constitue désormais une nécessité impérieuse et une requête pressante qui ne souffre plus de retard".
Selon ces associations, la promulgation d’une telle loi qui conditionne le respect des droits de l’Homme, "est de nature à mettre fin aux souffrances des prisonniers d’opinion, des détenus politiques et des exilés et à réhabiliter les victimes de procès inéquitables".
Depuis l’adoption en décembre 2003 d’une loi anti-terroriste par le parlement tunisien, plusieurs groupes de jeunes dits "groupe de Zarzis" (sud), "groupe de Bizerte" (nord) et "groupe de l’Ariana" (près de Tunis) ont, par ailleurs, été condamnés à de lourdes peines allant de 10 à 30 ans d’emprisonnement, pour des "délits terroristes".
Leurs avocats ont décrié ces jugements arguant de l’absence de preuves étayant les accusations. Par la même occasion, "une journée nationale pour l’amnistie générale" a été organisée au siège de la LTDH à Tunis, au cours de laquelle des mères et des épouses de détenus ont fait des témoignages sur les épreuves endurées, selon elles, par leurs enfants ou leurs époux.
Elles ont exprimé le vif souhait qu’une amnistie soit promulguée pour que leurs familles retrouvent une vie normale.
"Mon voeu le plus cher est que mon père, libre, me serre bientôt dans ses bras", a lancé Rahma, 14 ans, fille d’un détenu islamiste incarcéré depuis 1992, Hédi Abdelmalek. "Mon père n’est pas capable de tuer une mouche", a-t-elle plaidé d’une voix étreinte par l’émotion.
Les autorités ont autorisé dernièrement le Comité international de la Croix Rouge (CICR) à visiter les prisons tunisiennes et promis d’accorder prochainement la même autorisation à l’organisation américaine des droits de l’Homme Human Right Watch (HRW). Elles ont en outre annoncé plusieurs mesures tendant à améliorer les conditions carcérales, notamment la fin de l’isolement des détenus. AP |