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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel : 71 340 860
Fax : 71 351 831
Tunis, le 11 novembre 2005
L’AISPP a appris que le prisonnier politique Hamadi Ben Abdelmalek (67 ans), incarcéré à la prison de Nadhor, est en grève de la faim sauvage (sans eau ni sucre) depuis le 5 novembre 2005 pour exiger sa libération. Son fils a pu lui rendre visite après plus de deux heures d’attente. Il a été amené sur un fauteuil roulant, dans un état critique, incapable de bouger, parlant avec beaucoup de difficulté et il a demandé à son fils d’apporter son linceul et lui a prodigué des recommandations pour petits frères. Il a demandé à être enterré dans le cimetière de ses ancêtres, déterminé à poursuivre sa grève de la faim jusqu’à sa libération.
De même, l’AISPP a appris que madame Mahbouba Jabbari (74 ans), mère du prisonnier politique Lotfi Jabbari, avait eu une attaque cardiaque le 10 novembre 2005 dans les couloirs de la prison de Borj Er Roumi, à la suite de la visite qu’elle venait de rendre à son fils. Ce dernier s’est présenté, épuisé et l’a informée qu’il était en grève de la faim depuis le 5 novembre 2005 pour exiger sa libération. Elle a tenté de l’en dissuader, eu égard à sa santé, mais face à son insistance, il lui a rétorqué : « Ou bien je sors de prison ou alors je suis un homme mort » . C’est alors que les agents pénitentiaires chargés de la surveillance et de l’enregistrement des propos tenus par les prisonniers et leurs familles sont intervenus pour interrompre la visite et l’évacuer de force, en faisant usage de violence, menaces et insultes. Choquée par ce qu’elle avait vu et entendu, la pauvre est tombée, sans connaissance. L’administration n’a pas tenté de lui porter assistance ou de la sauver. Elle est restée étendue sur le sol jusqu’à ce qu’une femme en visite elle aussi l’emmène à l’hôpital où elle est jusqu’à maintenant sous surveillance médicale.
Le prisonnier politique Lotfi Jabbari effectue une peine de privation de liberté de 28 ans à la suite de procès qui n’ont pas respecté la règle de jonction des affaires et ne réunissaient pas les conditions d’un procès équitable.
L’AISPP fait part de sa préoccupation face à l’évolution de la situation des prisonniers politiques dans les prisons et fait endosser au pouvoir toute la responsabilité de ce qui pourrait leur arriver. Elle exige la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.
Pour l’association
La Secrétaire Générale
Maître Saïda Akrami
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT) |