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Mohammed Hamdouni
15 avril 2004 : Langres : Une terre d’asile nommée désir (Journal de la Haute Marne)
11 février 2004 : Mohammed Mohsen Hamdouni : l’exception qui confirme la « règle »

Cherche terre d’asile (pour Mohammed Hamdouni)




Le Journal de la Haute-Marne - Langres
Le Vendredi 20 février 2004
Rubrique ‘Société’ p.19 .

Cherche terre d’asile

Mohammed Hamdouni, hébergé par le Centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) avec son épouse, et ses trois enfants, est contraint de quitter le territoire français. Il se dit « menacé » dans son pays la Tunisie et pourtant le statut de réfugié lui a été refusé. Il tente d’obtenir un dernier recours.

Le 19 août 2002 , la famille Hamdouni arrivait à Langres. Mohammed, d’origine tunisienne est professeur d’éducation islamique. Son épouse, Samira, est quant à elle Yéménite. Elle est professeur d’anglais.

Depuis leur arrivée à Langres, ils espèrent obtenir le statut de réfugié, car tous deux ont fui leur pays. Mohammed est opposant au régime politique de Tunisie depuis1982 . Militant au sein d’une union étudiante, il a plus récemment participé à un séminaire sur la démocratie en Tunisie se tenant à Paris ( 13 et 14 février) et a officiellement soutenu un ami de l’Union étudiante lors de la grève de la faim que celui-ci a entamée.

Contraint, il quitte son pays natal pour le Yémen en1990 . L’Islam qu’il prône étant jugé trop modéré au goût des autorités, il doit fuir une nouvelle fois. Avec toute sa famille cette fois. Ils transitent par la Grande-Bretagne et atterrissent... à Langres.

Demande rejetée

N’ayant pas l’autorisation de travailler en France, ils se sont investis à leur manière. Samira a appris le français. Mohammed, inscrit à l’Université de Bourgogne, à Dijon, donne des cours de français par le biais de l’association la Clé. Leurs trois filles, aujourd’hui âgées de2 , 4 et 6 ans, se fondent dans leur environnement scolaire. « Toute la famille est en bonne voie de s’intégrer », annonce le père de famille, dont l’inquiétude est perceptible.

En juin2003 , la famille Hamdouni a vu sa demande d’asile rejetée. Idem pour le recours déposé auprès de la commission spécialisée. « Le12 janvier, nous apprenions que la réponse était négative », explique Mohammed. Et dix jours plus tard, suite logique, la famille a reçu l’invitation de la préfecture à quitter le territoire dans un délai d’un mois.

Opposant au régime

La petite famille est donc officiellement à Langres jusqu’au21 février... c’est-à-dire demain ! Suite à cette injonction, le Cada leur a fait parvenir un courrier mentionnant qu’ils devaient quitter l’appartement qu’ils occupent aux Fougères avant le 22 février. Néanmoins, la famille sait qu’elle ne peut être expulsée avant le15 mars. Cela ne laisse donc que fort peu de temps pour agir. Un seul objectif pour Mohammed : obtenir un recours quel qu’il soit. Aujourd’hui, Mohammed ne sait pas ce qui l’attend. Chaque jour qui passe est fait d’incertitudes. Lui et sa famille sont sous l’épée de Damoclès. Il sait que sous peu, il risque de recevoir un arrêté de reconduite à la frontière. Mais quelle frontière ? Théoriquement celle du Yémen, dernier pays qu’ils ont occupé. « Dès mon arrivée, je serai arrêté et je prendrai le premier avion pour la Tunisie où je serai emprisonné ! », scande-t-il. Il se dit « recherché » et « menacé ».

Les Haindouni ont lancé un recours auprès du ministère de l’Intérieur. Dans ces démarches, Mohammed se félicite d’avoir reçu le soutien de la Ligue des droits de1 ’homme et de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat). A 40 ans, Mohammed estime qu’il a passé toute sa vie dans « la souffrance, le malaise et la galère ». La seule chose qui pourrait faire disparaître ces sentiments serait « de pouvoir vivre n’importe où en paix avec ma famille et exercer mes droits : le droit de m’exprimer, d’être opposant... le droit de vivre ».

Sylvie Chapron


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