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Communiqué
Je soussignée, Radhia Nasraoui , avocate, présidente de l’Association de Lutte contre la Torture en Tunisie (ALTT), informe l’opinion publique qu’aujourd’hui , mercredi 17 novembre 2004, des dizaines d’agents de la police politique ont encerclé le quartier où j’habite ä El Manar, banlieue de Tunis, interdisant l’accès à tous les militants et militantes qui devaient se rencontrer chez moi, à l’occasion d’une grève de la faim organisée par le comité de soutien de Jalel Zoghlami et ses camarades, Néjib Zoghlami et Loumamba Mohsni, condamnés à une peine de prison dans un procès monté contre eux . J’ai été moi-même bloquée à l’entrée de la cité pendant environ une demi heure, par ces mêmes agents qui ont tenté d’ouvrir les portières de ma voiture pour obliger un ami de la famille qui m’accompagnait de descendre de la voiture et de quitter les lieux. Ma fille qui était aussi dans la voiture a été terrorisée. Déjà en début d’après midi et après une altercation avec des agents qui rôdaient autour de l’immeuble où j’habite, ma voiture a été endommagée. A cette occasion, je rappelle que depuis mon retour d’une mission onusienne en Côte d’Ivoire, les provocations policières n’ont cessé de se multiplier : présence policière constante près de mon domicile et de mon cabinet , filature qui touche aussi ma fille cadette, surveillance du domicile de ma mère âgée de 75 ans et même du jardin d’enfants que fréquente ma fille Sarah âgée de 5 ans. De même, mon mari Hamma Hammami, est constamment suivi par la police même quand il se rend chez son médecin ou dans un laboratoire d’analyses ! N’ayant aucun respect pour le secret médical, les agents de la police politique ont souvent demandé des renseignements au personnel médical sur son état de santé et les résultats de ses analyses. Je rappelle, également, que le 25 octobre dernier, au lendemain des « élections »présidentielles et législatives, et quelques minutes seulement après une interview que j’accordai à une radio étrangère et dans laquelle je qualifiais ces « élections » de mascarade, un « inconnu » m’a arraché mon téléphone portable des mains. Le chef du poste de police du Boulevard Bab Benat, territorialement compétent, a refusé d’enregistrer ma plainte pour la simple raison que j’ai porté mes soupçons sur la police politique. Toutes ces pratiques ont pour objectif d’empêcher les défenseurs des droits humains que nous sommes, de continuer leur action en faveur des libertés, contre les violations des droits humains et l’instrumentalisation de la justice. |