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Mohammed Hamdouni
20 février 2004 : Cherche terre d’asile (pour Mohammed Hamdouni)
11 février 2004 : Mohammed Mohsen Hamdouni : l’exception qui confirme la « règle »

Langres : Une terre d’asile nommée désir (Journal de la Haute Marne)




Sylvie CHAPRON
Journal de la Haute Marne
Publié le 15 avril 2004

 
Mohammed Hamdouni est devenu clandestin « malgré (lui) ». (Photo d’archives).  - 22.8 ko
Mohammed Hamdouni est devenu clandestin « malgré (lui) ». (Photo d’archives).
Mohammed Hamdouni et sa famille ont été déboutés de leur demande d’asile. Et pourtant, Mohammed se dit « menacé » et « recherché » dans son pays, la Tunisie. Vivant avec l’inquiétude d’être séparés et sous l’injonction de quitter le territoire, les Hamdouni sont partis de Langres.

Dans Le Journal de la Haute-Marne du 20 février 2004, nous relations le cas très particulier de Mohammed Hamdouni. Hébergé par le centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada) avec son épouse et ses trois enfants, il était contraint de quitter le territoire français. Débouté une première fois, puis une seconde fois, il a reçu une invitation à quitter le territoire le 22 janvier 2004. Le 22 février au plus tard, il était sensé avoir trouvé une solution pour assurer son avenir et celui de sa famille.

Mais fermement déterminé, il ne part pas... entrant ainsi malgré sa volonté (Ndlr : selon ses propres dires) dans la clandestinité. Le 21 mars, la famille devait rendre le logement occupé. Depuis cette date, les Hamdouni résident en Ile-de-France.

Mohammed continue à remuer ciel et terre pour rester en France. Ses trois enfants sont bien intégrés. Un premier critère à ses yeux. Lui, parle très bien le français - il l’a même enseigné en lien avec l’association la Clé - ainsi que son épouse qui a fait de gros efforts pour s’immerger dans cette culture nouvelle.

« Menacé » et « recherché »

Mohammed se dit « menacé » et « recherché » dans son pays, la Tunisie. Opposant au régime politique, il affirme qu’il sera emprisonné dès qu’il aura posé un pied sur le sol tunisien. Il n’a néanmoins pas obtenu le statut de réfugié politique. « Il n’a pas pu apporter la preuve de ses affirmations », commente le directeur du Cada, André Campourcy. Les articles rédigés de la main de Mohammed Hamdouni publiés sur le site Internet Tunis news ne constituent pas une preuve « parce que rien ne prouve que le gouvernement les a lus ». Certainement de la mauvaise foi.

Un seul recours possible

D’après des personnes ayant suivi le dossier, il n’a pas obtenu l’asile très certainement en raison de « l’aspect religieux » qu’il a mis en avant. Dans le contexte actuel, l’Islam fait peur. Mais c’est paradoxalement l’enseignement théologique « trop modéré » de Mohammed que le régime tunisien lui reproche.

Concrètement, les Hamdouni ont adressé une pétition au préfet de la Haute-Marne. Ils ne disposent que d’un seul recours, l’ultime : le Conseil d’Etat. Seule cette juridiction suprême a le pouvoir de modifier leur destin. Les choix sont restreints pour les Hamdouni. Ils ne seront accueillis par aucun autre pays de l’espace Schengen.

L’épouse de Mohammed et leurs trois filles ont l’option de retourner au Yémen (Ndlr : elle est Yéménite).

Mais Mohammed craint fort d’être renvoyé tout droit en Tunisie s’il pose un orteil sur le sol de ce pays. Une personne au courant du dossier confirme : « Il sera emprisonné et très certainement torturé. » On comprend son acharnement et son inquiétude.

Sylvie Chapron


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