Anis ben Fraj, en grève de la faim depuis 51 jours, agressé par des policiers
Comité national de soutien aux étudiants de Sousse en grève de la faim
Tunis, le 27 avril 2004
Anis ben Fraj, en grève de la faim depuis 51 jours, agressé par des policiers (traduit de l’ARABE)
Le comité national de soutien aux étudiants de Sousse en grève de la faim informe l’opinion publique que Anis Ben Fraj a été victime d’une lâche agression policière. Un agent de la police l’a bousculé, alors qu’un deuxième s’est chargé de le rouer de coups de poing sur la tête lui causant des dégâts corporels et un hématome au niveau de la bouche.
Tout s’est passé aujourd’hui 27 avril 2004 vers midi devant le siège de la présidence de l’université de Manouba. En effet, Anis Ben Fraj s’y était rendu pour réclamer son inscription suite à une information qui lui a été communiquée annonçant que le ministère a donné son accord pour qu’il inscrive à la faculté de Manouba. A son arrivée, les portes étaient enchaînées et un groupe de policiers en civil et de vigils montait la garde devant pour l’empêcher, lui et les étudiants qui l’accompagnaient, de rentrer au siège del’université.
Il faut rappeler que Anis Ben Fraj observe grève de la faim depuis le 8 mars 2004 pour exiger son droit à l’enseignement, aujourd’hui il en est à son 51 ème jour.
Anis Ben Fraj s’est déjà rendu le matin du lundi 26 avril 2004 , au même siège où il est resté jusqu’au soir accompagné d’une vingtaine d’étudiants. C’était sans résultat, les responsables de l’université l’on informé qu’ils n’ont pas reçu le feu vert du ministère pour l’inscrire.
La semaine dernière, Anis Ben Fraj s’est déplacé à la présidence de l’université de Manouba, après qu’un intermédiaire l’informa que le ministère lui a accordé une inscription à la faculté des Lettres de Manouba. Quand il s’est présenté, on lui a demandé de revenir le lundi 26 avril 2004 parce que le président de l’université était absent.
Nous tenons à rappeler aussi, que l’inscription de Anis Ben Fraj à la faculté des Lettres de Sousse a été annulée abusivement et sans aucune motivation. En début d’année il a déjà été renvoyé de la faculté des Lettres de Sfax par un conseil disciplinaire irrégulier, il a dû observer une première grève de la faim de 13 jours pour pouvoir se réinscrire.
Pour défendre son droit à l’enseignement Anis Ben Fraj a entamé le8 mars dernier une grève de la faim en compagnie de Atef Ben Salem, Mohamed Nizar Othmani et Kamel Amroussia qui ont été exclus de leur faculté pour "mauvaise conduite" car ils ont osé soutenir leur collègue Ziad Kacem déjà en grève de la faim pour exiger son inscription.
Ziad Kacem, Atef Ben Salem, Mohamed Nizar Othmani et Kamel Amroussia ont déjà mis un terme à la grève de la faim après avoir eu gain de cause et obtenu une inscription.
Le comité condamne fermement cette lâche agression à l’encontre d’un étudiant en grève de la faim depuis 51 jours. Il exige des autorités l’ouverture d’une enquête et la poursuite des agresseurs.
Le comité dénonce les promesses d’inscription non tenues faites par les autorités à Anis Ben Fraj. Il exige sa réinscription immédiate et le respect de son droit à l’enseignement.
Le comité tient les autorités pour responsables de toutes les conséquences sur la santé de Anis Ben Fraj que pourrait engendrer cette grève de la faim.
Pour le comité
Le coordinateur, maître Anouar Kousri