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AFP, le 23 février 2005 à 19h04
L’ancien détenu islamiste et journaliste tunisien Abdallah Zouari, en grève de la faim, a été hospitalisé d’urgence mercredi à la suite d’un malaise, à son 31ème jour de jeûne, a-t-on appris dans son entourage.
"Abdallah a perdu conscience et a été admis en urgence à l’hôpital de Zarzis où il a été hospitalisé en cardiologie", a indiqué par téléphone à l’AFP, Ahmed Zakaria Magouri, responsable local d’un parti d’opposition.
Abdallah Zouari, 49 ans, est en grève de la faim pour réclamer "le droit de vivre avec sa famille" et contester son éloignement pour "surveillance administrative" à Hassi Jerbi, une zone rurale près de Zarzis, à 500 km au sud de son domicile familial de Tunis.
Son épouse et sa mère, septuagénaire résidant à Tunis, ont observé à leur tour trois jours de grève cette semaine pour tenter de faire pression sur les autorités tunisiennes en vue d’un regroupement de la famille.
"Notre vie est un calvaire mais nous ne demandons qu’à être réunis sous le même toit", a indiqué mercredi M’barka, épouse de l’ex-détenu.
M. Zouari avait indiqué le week-end dernier à l’AFP qu’il entendait poursuivre sa grève de la faim pour en finir avec une "situation dramatique". Un médecin a constaté qu’il "se déplaçait avec des béquilles, avait perdu 9 kg et commençait à montrer des troubles neuro-végétatifs".
Les autorités tunisiennes dénient le statut de journaliste à M. Zouari et affirment qu’il a été "condamné suite à son inculpation de crimes terroristes et à son refus de se conformer aux décisions de justice".
Le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) ont exprimé leur soutien à M. Zouari, le CNLT appelant les autorités à respecter "son droit fondamental à la libre circulation, à élire son domicile là où il le désire, à former un parti et à publier un journal".
Ex-collaborateur de l’hebdomadaire Al Fajr (l’Aurore), organe du parti islamiste Ennahda, M. Zouari avait été arrêté en 1991 et condamné par un tribunal militaire à onze ans de prison dans le cadre des procès intentés à l’époque contre de nombreux dirigeants de ce parti interdit en Tunisie.
Libéré en juin 2002, il a de nouveau été condamné à un total de treize mois pour "non respect de la surveillance administrative", une peine complémentaire contestée par les défenseurs des prisonniers. |