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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya Tunis
Président d’honneur : le doyen défunt Mohammed Chakroune
Bulletin d’informations sur les prisonniers politiques
n°6
Tunis, le 22 février 2005
1) L’ex prisonnier politique, le militant Abdelwahab El Kéfi, a été convoqué le 8 février 2005 au district de la Sûreté de Kairouan et interrogé sur les raisons de sa visite, dans le cadre d’une délégation, à monsieur Abdallah Zouari. Il lui a été enjoint de ne plus quitter Kairouan à l’avenir sans en aviser la Sûreté. Le Cheikh Abdelwahab El Kéfi avait été condamné en 1992 pour appartenance au mouvement de la Nahdha à deux ans et demi d’emprisonnement qu’il avait purgés en totalité.
2) L’ex prisonnier politique, le militant Toumi Mansouri, a été harcelé par les agents de la Sûreté du Kef qui l’ont empêché de rendre visite à son gendre, malade, à Sousse. Le chef du district de la Sûreté du Kef l’a menacé.
3) La famille du prisonnier d’opinion Hamza Mahroug (groupe de Zarzis) a informé qu’il était en grève de la faim depuis dix jours. Il a subi des violences de la part des agents de la prison pour l’obliger à y mettre un terme, puis il a été sanctionné et mis plusieurs jours au siloun, puis il a été puni dans la cellule. Il lui a été interdit de bouger. Il devait rester immobile au même endroit à longueur de journée, sauf pour aller aux toilettes, sous la surveillance du responsable du cachot. Il lui est interdit de parler avec les autres.
Le prisonnier d’opinion Hamza Mahroug (groupe de Zarzis) purge une peine de privation de liberté à la prison du 9 avril à la suite d’un procès inéquitable.
4) L’AISPP a appris que la famille d’Abdallah Zouari a commencé une grève de la faim le dimanche 13 février 2005 par solidarité, pour exiger la réunion de toute la famille et que soit mis un terme à toutes les formes d’entraves et de discriminations.
5) L’AISPP a appris que les familles du groupe des jeunes de Zarzis,- les familles d’Omar Farouk Chlendi, d’Hamza Mahroug, d’Omar Rached, de Ridha Bel Hajj Brahim, d’Abdelghaffar Guiza et d’Aymen Mcharek-, ont commencé une grève de la faim le 17 février 2005 pour exiger que soit mis un terme à l’injustice qui frappe leurs enfants et qu’ils soient libérés.
6) Le journaliste et ex prisonnier d’opinion Abdallah Zouari poursuit sa grève de la faim initiée le 23 janvier 2005 depuis son lieu d’exil forcé, la Khriba à Hassi Jerbi dans le sud tunisien, où il est assigné à résidence, loin de son épouse et de ses enfants qui résident dans la capitale. Les autorités font toujours la sourde oreille aux appels qui exigent que cesse l’injustice qui frappe Abdallah Zouari et sa famille.
7) L’AISPP a appris que l’état de santé du prisonnier politique Fathi Ouerghi s’est dégradé dangereusement. Ce prisonnier était au moment de son jugement étudiant en philosophie à la faculté de lettres et il est détenu actuellement à la prison du Kef où il purge une peine de vingt ans d’emprisonnement. Il souffre de céphalées aigues qui empêchent la concentration et sont causes de troubles du sommeil et d’une perte d’acuité visuelle de l’oeil droit. L’oeil gauche a été atteint à son tour. La baisse de la vue ne fait que commencer, mais elle pourrait s’accélérer et conduire à la cécité s’il ne reçoit pas de soins. Il souffre d’inflammations nasales et d’asthme. Il est atteint de crises abominables lors desquelles il étouffe et souffre de douleurs cardiaques et de douleurs dorsales résultant d’inflammations non soignées à temps. Il a mal aussi au genou gauche et son genou droit commence aussi à le faire souffrir. Il ne peut plus le plier de façon normale. Il se plaint également de douleurs au niveau du testicule gauche qui font craindre des complications qui pourraient conduire à une ablation.
Les crises et les maux dont souffre le prisonnier Fathi Ouerghi sont les séquelles de la torture et de la négligence et de l’absence de soins adéquats.
8) Monsieur Abderrahmane Ben Rejeb est décédé. C’est le père du prisonnier politique Mohammed Ali Ben Rejeb, détenu à la prison de Gabès où il purge une peine de privation de liberté pour appartenance au mouvement de la Nahdha. Il a été enterré le 22 février 2005 au cimetière de la Hamma à Gabès.
9) Monsieur Hédi Bennouri est décédé. C’est le père du prisonnier Sami Bennouri, détenu à la prison de Mehdia où il purge une peine de privation de liberté pour appartenance au mouvement de la Nahdha. Il a été enterré le 25 janvier 2005 au cimetière du Bardo.
Pour l’association
La secrétaire générale
Maître Saïda Akremi
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT) |