Six personnes déférées devant le tribunal sont accusées de constitution de bande en vue de commission de crimes
Le 6 avril ont été déférés devant la troisième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis six jeunes accusés, dont deux lycéens et leur professeur. Ils sont accusés de constitution de bande en vue de commission de crime d’attentat aux personnes et aux biens dans le but de semer la peur.
L’affaire remonte au huit août dernier, lorsqu’une des brigades de la Sûreté est parvenue à arrêter un jeune d’à peine vingt ans, originaire d’une région du sud, qui était en possession de divers documents relatifs aux modalités de fabrication d’explosifs, d’un document portant sur la manipulation de carte magnétique ainsi que des documents dont l’objectif était l’attaque d’un des lycées de leur région et d’un centre de la Sûreté.
C’est à partir de là qu’ont commencé les investigations sur l’implication d’autres personnes de la même région, dont un professeur.
Ils étaient parvenus à créer une cellule locale qui s’occupait au début de débats religieux, puis avait inscrit d’autres questions à son activité. Deux de ses membres avaient pu pénétrer dans un lycée où ils avaient fait main basse sur des flacons contenant des produits chimiques. Mais leur expérience avait tourné court. L’un d’entre eux s’est rendu dans un pays européen, où il a créé un site électronique. Par ce biais, il était resté en contact avec le reste du groupe.
Arrestations, clôture de l’instruction, le parquet les a fait écrouer et les a déférés devant la chambre criminelle de Tunis ainsi que le dossier de l’affaire.
Les inculpés nient devant le tribunal
Les six accusés ont comparu et lors de leur interrogatoire, le premier a déclaré qu’il n’avait pas été arrêté à Bab Alioua, mais dans la maison paternelle et il est revenu sur les aveux faits au cours des différentes étapes de l’enquête. Il a nié avoir possédé un quelconque document (...)Et tous les autres ont nié fermement ce crime. Parmi eux, un jeune homme de vingt ans a fondu en larmes, a crié son innocence et ajouté qu’il était atteint du cancer.
Quant au professeur accusé, il a affirmé avoir été arrêté le 17 février 2003 et a expliqué qu’il ne connaissait que deux accusés qui étaient ses élèves et qu’ils lui avaient posé des questions sur les opérations kamikazes en Palestine. Il a affirmé leur avoir répondu qu’elles étaient illicites car elles visaient des civils et il a précisé que de par sa fonction il était souvent questionné sur des aspects jurisprudentiels. Il a nié une quelconque adhésion à une cellule ou une bande active dans ce domaine ;
La défense a alors plaidé l’innocence des inculpés pour absence de preuves suffisantes permettant de les accuser. L’affaire a donné lieu à la délibération et au prononcé du verdict.
Moufida Guizani, Essabah, 8 avril 2004, P. 12
(traduction libre, Luiza T.)