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Le 06 avril courant, la justice de notre pays s’est encore distinguée par sa fidélité aux deux principes qu’elle construit vaillamment depuis des décennies à l’occasion de chaque procès politique : son mépris du droit et sa soumission zélée aux ordres du pouvoir politique.
Dans un terrifiant élan de justice et de mansuétude, la troisième chambre criminelle du tribunal de Tunis présidée par le juge Adel Jridi a distribué ce jour-là pas moins de 161 années de prison ;
Quant aux récipiendaires de cette générosité paternelle , ils sont :
Omar ben Ali Chlandi : 19 ans et trois mois, né le 18/11/1982
Hamza ben Aoun El Mahrouk 19 ans et trois mois, né le 14/10/1982
Amor ben Ali ben Rached 19 ans et trois mois, né le 19 08 1982
Abdelghaffar Mansour Guiza 19 ans et trois mois, né le 10/08/1982
Ridha ben El Haj Ibrahim 19 ans et trois mois, né le 17/07/1966
Aymen ben Amor Mcharek 19 ans et trois mois, né en 1982
absents lors de la distribution :
Tahar Ben Dhaw ben salem Gmir 19 ans et trois mois,
Ayoub ben Abderrazak ben Mohamed Sfaxi 26 ans et trois mois,
L’adolescent :
Abderrazak ben Bourguiba né le 01/04/1985 doit passer devant un tribunal pour enfants et attend toujours son jugement.
Le crime « commis » par ces élèves, étudiants, ou professeur, « serait » la préparation en vue de commettre une série d’attentats à Zarzis dans le sud tunisien .
La preuve : une dizaine de pages téléchargées dans un cybercafé de la ville, et « un pot de colle et une carte de chargement de téléphone auquel est collé un bout de papier aluminium qui lui est attaché un bout de plastique jaune par un fil de cuivre » !!!!
Par contre, le récit des horribles scènes de torture que ces jeunes ont subies aux caves de Ministère de l’Intérieur où ils ont été transférés directement de Zarzis à partir du 6 février 2003 et dont il portent toujours les stigmates saignants n’a ému ni les juges d’instruction, ni ceux du siège.
Comme ils ont eu la perfidie de s’associer aux manipulations policières afin de confirmer leur compétence en la déniant au tribunal de Zarzis, territorialement compétent puisque lieu de la commission du « crime » et de l’arrestation des « criminels » !
Cette parodie de justice , ainsi que la grossièreté éhontée des verdicts et de la désinformation officielle qui insinue avoir établi un lien avec l’organisation Elkaida, nous confirment l’orientation franchement dictatoriale que le régime tunisien oppose à toute velléité d’expression libre ou différente en profitant largement de la situation internationale.
Notre association s’associe à tous les militants des droits humains pour dénoncer l’escalade répressive du régime tunisien et demande la libération immédiate et inconditionnelle des internautes de Zarzis .
Leur place est sur les bancs de leurs lycées et leurs facultés et dans leurs foyers parentaux et non dans les geôles nauséabondes du régime.
Elle exprime sa solidarité avec ces jeunes et avec leurs familles.
Paris le 14 avril 2004
Le Bureau National de l’ATF |