Torture, falsification de PV et des peines très lourdes
A comparu le 06/04/2004 un groupe de jeunes de la ville de Zarzis devant la cour pénal du tribunal de 1ère instance de Tunis présidé par le juge Adel Djeridi sous les chefs d’inculpation : constitution de bandes de terroristes, réunion sans autorisation, vol et détention de produits explosifs.
Les inculpés présents sont Omar Farouk Chendli, Hamza Mahroug, Omar Rached, Ridha Belhaj Brahim, Abdelghafar Ghiza et Ayman Mcherek.
Tahar Gmir et Ayoub Sfaxi sont jugés par contumace. Notons que cette audience était prévu le 02/03/2004 mais a été ajournée pour le 06/04/ 2004 suite à la demande des avocats pour qu’ils prennent connaissances des objets saisis.
Lors de l’audience, les avocats ont signalé au juge qu’ils n’ont pas pris connaissance de ces objets mais le juge a montré son étonnement et sans plus.
De même les avocats ont demandé pourquoi ces objets ne sont pas présents lors de l’audience conformément à l’article 151 du code pénal mais le tribunal n’a pas répondu et a commencé à interroger les inculpés.
Tous les prévenus ont affirmé que la date de leur arrestation 26/02/2003 a été falsifié et Omar Farouk Chendli a affirmé que le lieu de leur arrestation n’est pas la ville de Tunis mais la ville de Zarzis d’où la police politique les a transférés dans son local de Tunis où ils ont passé 18 jours.
Abdelghafar Ghiza a été très nerveux et tendu suite à la torture qu’il a subie et du fait qu’ils l’ont obligé à signer un papier notifiant que sa mort serait suite à une électrocution. De plus il a décrit les méthodes de tortures, entre autres, attachement à des chaînes de fer, tremper sa tête jusqu’à arrêt de la respiration dans l’eau sale ....
Il a dit aussi qu’il souffre de la tuberculose et qu’il crache du sang et suite à ce témoignage son père a cogné sa tête sur le banc de devant.
Hamza Mahroug a affirmé que son état de santé est détérioré et qu’il n’arrive plus à uriner depuis 4 jours et la fois où il a uriné c’était du sang.
Tous les prévenus ont nié tous les chefs d’inculpation et les avocats ont noté l’absence d’avocat lors de leur interrogatoire, ce qui est contraire aux lois en vigueur.
Après, les avocats ont essayé de montrer que toute la procédure est inventée de toutes pièces surtout ils ont dénoncé la compétence territoriale du tribunal et de présenter les prévenus à des médecins et ils ont demandé l’acquittement.
Les prévenus ont réitéré leur innocence et Omar Farouk Chendli a demandé de réintégrer son établissement scolaire.
Mais la surprise était grande surtout lorsque tout le monde a entendu le jugement et surtout sa lourdeur.
Le CNTL qui a suivi de très près cette affaire a dénoncé cette parodie de justice, a noté l’absence de la justice et de l’égalité et que cette justice obéit aux recommandations de la police politique.
(Traduction ni revue, ni corrigée par les auteurs de la version arabe - Mit.)