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TUNIS (AP) - Le président du conseil de l’ordre des avocats tunisiens, Me Abdessattar Ben Moussa, a dénoncé jeudi les "atteintes" dont le barreau est la cible, selon lui.
Il a affirmé devant la presse avoir été l’objet lui-même d’une "agression" de la part du juge d’instruction Faouzi Sassi, chargé de l’affaire de l’avocat Mohamed Abou arrêté au début du mois par les autorités.
L’arrestation de Me Abou était intervenue à la suite de la publication sur Internet d’un article particulièrement critique à l’endroit du pouvoir pour l’invitation adressée au premier ministre israélien Ariel Sharon à participer au sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) dont la deuxième phase est prévue en novembre prochain à Tunis. L’avocat avait aussi publié un article comparant les prisons tunisiennes à celle d’Abou Ghraib en Irak.
Selon une source officielle, son interpellation est motivée par une plainte déposée par une avocate à laquelle il aurait fait subir des "violences caractérisées ayant nécessité son admission d’urgence à l’hôpital". Il est également poursuivi pour "diffusion de fausses nouvelles" et "incitation de la population à enfreindre les lois du pays".
Me Ben Moussa a qualifié d’"irresponsable" le comportement du juge qui, a-t-il ajouté, "ne fait pas honneur à la magistrature".
Dans un communiqué, le conseil de l’ordre des avocats affirme que le bâtonnier qui s’était présenté au bureau du magistrat, en compagnie de plusieurs membres du conseil pour assister leur collègue arrêté, a été "humilié et agressé verbalement et physiquement" par le juge d’instruction, en présence du premier substitut Mohamed Amira.
Il dénonce cette "agression sans précédent dans les annales de la magistrature et du barreau en Tunisie" et appelle au boycottage du juge en charge de l’affaire et son remplacement par un autre magistrat.
Tout en affirmant que les avocats sont favorables au dialogue avec les autorités, il réclame une "immunité" pour les avocats dans l’exercice de leurs fonctions.
Les avocats s’étaient plaints de "brutalités policières" il y a deux semaines lorsque leur collègue devait comparaître devant le juge d’instruction.
Parallèlement, la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) a organisé à son siège à Tunis, une réunion de solidarité avec l’avocat Mohamed Abou. Le président de la LTDH, Me Mokhtar Trifi, a appelé à la libération de Me Mohamed Abou, en déplorant les "enfreintes" ayant entaché, selon lui, la procédure judiciaire dans cette affaire. |