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La Tunisie a connu ces derniers jours une vague de répression sans précédent qui a touché plusieurs couches de la population tunisienne : la jeunesse lycéenne et estudiantine, les avocats, les syndicalistes, les défenseurs des Droits humains et l’opposition démocratique. La capitale comme les plus grandes villes du pays (Sfax, Gafsa, Monastir, Bizerte, Jendouba) ont connu un grand mouvement de contestation. Les organisations locales de défense des droits humains à savoir la LTDH et le CNLT ont fait état, dans plusieurs communiqués, d’agressions d’une rare violence exercées par des dispositifs impressionnants de policiers contre des manifestants venus exprimer pacifiquement leur colère.
Cette protestation populaire, pacifique et légitime est survenue à la suite de l’invitation faite par le président Ben Ali au général Ariel Sharon pour la participation à la seconde phase du sommet mondial de la Société d’information (SMSI) qui aura lieu au mois de novembre 2005 à Tunis.
Ariel Sharon, directement impliqué dans des crimes de guerre caractérisés contre le peuple palestinien, n’a pas à être honoré et invité en Tunisie ; a fortiori à un moment où la Communauté internationale mène depuis des années un combat difficile pour le traduire devant une juridiction pénale internationale et le juger.
Le CRLDHT s’insurge contre cette nouvelle manuvre de diversion des autorités tunisiennes qui vise à occulter toute revendication démocratique. Il condamne cette politique de la fuite en avant qui revient à tourner le dos aux aspirations aux libertés et aux droits fondamentaux de la société civile tunisienne, visant ainsi à échapper aux pressions internationales pour une réelle ouverture politique à la veille du sommet onusien de la société d’information (SMSI).
Le CRLDHT affirme sa solidarité agissante avec les Tunisiens dans leurs revendications aux droits à l’expression, à la réunion et à la manifestation et dénonce les arrestations, les procès expéditifs des étudiants, les tortures exercées dans différents locaux de police et les violences perpétrées contre des opposants politiques et des défenseurs des Droits humains, notamment Maître Radia NASRAOUI, présidente de l’association tunisienne contre la torture et l’universitaire Mahdi MABROUK, membre dirigeant du bureau politique du PDP.
Le Comité condamne également l’arrestation abusive et la détention arbitraire de Maître Mohamed ABBOU, membre dirigeant du parti du Congrès pour la République (CPR) et défenseur des Droits de l’Homme qui sera traduit devant le tribunal de première instance le 16 mars 2005 pour avoir critiqué sur le Net la visite de Sharon et avoir assimilé sur un ton ironique les tortures infligées aux prisonniers politiques tunisiens aux exactions des soldats américains à Abou GHRAIB
Maître ABBOU a été arrêté pour avoir exercé sa liberté d’expression, son seul crime étant d’avoir bravé l’interdit et d’avoir osé exprimer un avis différent. Aussi, le CRLDHT exige-t-il sa libération immédiate et sans conditions.
Le CRLDHT salue par cette occasion l’élan de solidarité et la grande mobilisation des avocats tunisiens qui ont observé le jeudi 9 mars 2005 une journée de grève largement suivie en soutien à leur collègue Maître ABBOU ; ceux-ci se préparent également le 15 mars à un grand rassemblement devant la prison civile de Tunis, où est arbitrairement incarcéré leur collègue.
Paris, le 15 mars 2005 ;
C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
21 ter rue Voltaire 75011 Paris- France
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Membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme |