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Sonia Ben Amor, avocate au Barreau de Tunis, est devenue la nouvelle cible du régime tunisien. Depuis quelques jours, elle est dans le collimateur d’un appareil répressif on ne peut plus remonté contre les avocats.
Dernier élément en date, l’ouverture d’une instruction à son encontre par la première chambre d’instruction du Tribunal de Première Instance du Kef, enregistrée sous le n° 20635/1, pour outrage verbal à fonctionnaire, dégradation du bien d’autrui et agression légère.
Rappelons que Maître Sonia Ben Amor s’était rendue, au lendemain du scandale judiciaire du 28 avril, à la prison du Kef pour rendre visite à son client, Maître Abbou. La visite avait été interrompue sur ordre du directeur de la prison qui avait demandé aux gardiens de la faire évacuer du parloir. Violentée et traînée jusqu’à la porte de sortie de la prison (un médecin lui ayant notifié d’observer un repos d’une semaine), Sonia ben Amor avait chargé Maîtres Abderraouf Ayadi et Samir Ben Amor de déposer une plainte, ce qu’ils tentèrent de faire en vain le 3 mai, auprès du Procureur de la République. Sans surprise, ils avaient essuyé un refus illégal et arbitraire et la plainte n’avait pas pu être enregistrée. Ils avaient été contraints alors de l’envoyer par voie postale avec accusé de réception.
Mais contre toute attente, Maître Sonia Ben Amor d’agressée, elle se voit accuser d’être agresseur. Elle avait reçu une convocation le 7 mai 2005 à 9 heures du matin pour se présenter au poste de police sis rue de Cologne à 11 heures. Etant absente de son cabinet (elle observe le sit-in avec ses collègues depuis le 5 avril), le chef du district par la voie de son agent avait insinué que si elle ne se présentera pas, il notera bien qu’elle avait refusé de s’exécuter. Ainsi le juge d’instruction pourra légalement lui notifier un mandat d’amener en bonne et due forme et fournir un alibi aux organes de la répression pour envahir la « Maison de l’Avocat » et mettre fin à un sit-in qui a donné le tournis au régime.
Mais le plus beau dans cette nouvelle « affaire dans l’Affaire » est la position ô combien digne et courageuse de l’avocate Sonia Ben Amor.
Imperturbable, cette avocate courage vient de faire subir un affront à ses détracteurs en annonçant :
son refus catégorique de se présenter devant le juge d’instruction le 12 mai pour des affaires montées par la sûreté de l’Etat, elle qui n’a pas confiance dans la justice ;
son refus de servir de prétexte pour détourner l’attention des vrais dossiers, à savoir l’emprisonnement de MM Abbou et Ben Mrad.
Le Comité International Pour la Libération de Mohamed Abbou salue la bravoure de Maître Sonia Ben Amor, il l’assure de sa sympathie et de son soutien indéfectible, il appelle tous les amoureux de la liberté à la soutenir face à une machine répressive des plus redoutables.
Par ailleurs, le Comité exige la traduction du directeur de la prison du Kef, son adjoint et ses agents devant la justice pour atteinte à l’intégrité physique et morale de Maître Sonia Ben Amor ; il réclame la libération inconditionnelle et immédiate de Me Abbou et Me Faouzi ben Mrad et l’arrêt de la campagne répressive contre les avocats libres.
Paris, le 09 mai 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou |