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Comme prévu, le procès tant attendu de Mohamed Abbou s’est ouvert aujourd’hui dans des conditions déplorables.
Assiégé par un nombre impressionnant de policiers, le palais de justice ressemblait aujourd’hui à une émeute. Avocats venus en nombre, journalistes, observateurs, diplomates ont dû attendre longtemps avant de pouvoir regagner le tribunal de première instance.
Plusieurs agressions ont eu lieu à l’entrée du palais de justice et les policiers ont interdit l’accès à l’enceinte du palais à plusieurs personnes, le plus souvent des membres de la société civile tunisienne.
Le procès qui se déroule encore jusqu’à la rédaction de ce document et qui ira vraisemblablement jusqu’à une heure tardive de la soirée, a été entaché par des irrégularités flagrantes.
Levant l’audience à deux reprises, une première fois lorsque les avocats avaient scandé l’hymne national à l’entrée de Mohamed Abbou, et une deuxième fois pour délibérer au sujet des plaidoiries des avocats ce qui n’avait pas manqué de susciter la colère et les huées des avocats scandalisés par ses manquements graves.
Mais le plus grave dans cette parodie de justice est la décision du juge Mahrez Hammami de juger deux affaires en même temps et par conséquent d’interdire à Mohamed Abbou et ses avocats de préparer leur défense.
Ce mépris de la loi s’est déroulé en présence d’un grand nombre d’observateurs nationaux et internationaux.
Il faut noter comme le souligne la dépêche de l’AFP que « pour la première fois la présence d’une mission commune d’observation des pays de l’Union européenne (UE, France, Belgique, Allemagne, Grande Bretagne, Pays-Bas).
Sont également présents des diplomates des Etats-unis et du Canada, notamment, des représentants de l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), des Barreaux de Paris et francophone de Bruxelles, de la Commission internationale des Juristes, Avocats sans frontières (Pays-Bas), de la Commission internationale des Juristes, de l’Observatoire des droits de l’Homme, de la Commission arabe des Droits de l’Homme.
Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou qui suit heure par heure le déroulement du procès, met en garde le régime contre toute tentative de manipulation et de camouflage voulant transformer le procès en une simple affaire de droit commun, et par conséquent, maintenir Abbou en prison et délégitimer le mouvement de solidarité sans précédent avec lui. Il promet de maintenir la mobilisation jusqu’à sa libération.
Paris, le 28 avril 2004
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou |