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L’arrestation de Mohamed Abbou a provoqué des réactions en chaîne et un mouvement de solidarité sans précédent.
Il est vrai que la personnalité de Mohamed y est pour quelque chose.
Transcendant toute attitude partisane, il a pris parti pour toutes les causes justes durant ces années de plomb en Tunisie.
Bien que membre dirigeant du Congrès Pour la République, il s’est rarement présenté sous cette bannière.
Soucieux de préserver une certaine autonomie d’action, régulièrement sollicité par ses pairs dans le cadre du combat pour la liberté et la démocratie, Mohamed Abbou avait compris que trop d’esprit partisan ferait perdre des plumes à l’indispensable mouvement de solidarité, que la culture clanique entamerait la pertinence du discours dénonciateur, et que toute tentative de récupération politique saperait les démarches collectives et démotiverait toute forme d’engagement.
Il faut rappeler que Mohamed Abbou avait vertement stigmatisé dans nombre d’articles la personnalisation du fait politique et les inclinations à la récupération de certains leaders de l’opposition.
Par conséquent, Mohamed Abbou ne doit pas servir de combustible à une révolution chimérique décrétée par des communiqués signés de l’étranger. Il doit rester ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un homme engagé...mais libre au service d’une cause et non seulement d’un parti.
Paris, le 11 avril 2005
Chokri Hamrouni |