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AFP 28-04 15:14:49 Le procès de l’avocat tunisien, Mohamed Abbou, incarcéré début mars et accusé notamment de "violences" et d’incitation à la rébellion, a débuté jeudi sous forte présence policière au Palais de Justice de Tunis, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Me Abbou a été incarcéré début mars au lendemain de la publication d’un texte critiquant le président Zine El Abidine Ben Ali pour l’invitation faite au Premier ministre israélien Ariel Sharon pour le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) en novembre prochain en Tunisie.
Il est jugé pour "incitation à enfreindre les lois", après la parution d’un article le 25 août 2004 dans lequel il comparait les pénitenciers tunisiens à la prison tristement célèbre d’Abou Graib, en Irak.
Le procès a lieu devant la 4ème Chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Tunis, en présence d’une foule d’avocats soutenant Me Abbou, de diplomates et de représentants d’ONG.
L’épouse de l’accusé, Samia, est également présente dans la salle d’audience. "Mon mari a bon moral, il ne regrette pas ses écrits et paie le prix de la liberté", a-t-elle affirmé à l’AFP.
Lorsque Me Abbou est apparu dans la salle d’audience en état d’arrestation, les avocats qui le soutiennent se sont mis à chanter l’hymne national tunisien, provoquant le départ du président du Tribunal.
Le début de l’audience a été retardé durant environ 45 mn et ce n’est qu’après des pourparlers entre la police et les avocats qu’elle a pu s’ouvrir dans une salle archi-comble.
Une très forte bousculade s’était produite auparavant devant le Palais de Justice avant même l’ouverture du procès, les forces de l’ordre ayant fermé les grilles, pour se livrer à un strict filtrage.
L’entrée a d’abord été refusée au juge dissident Moktar Yayaoui et à la journaliste militante des droits de l’Homme, Sihem Bensédrine, qui ont finalement été autorisés à accéder à la salle d’audience, tandis que d’autres continuaient de se voir refuser l’accès.
On note pour la première fois la présence d’une mission commune d’observation des pays de l’Union européenne (UE, France, Belgique, Allemagne, Grande Bretagne, Pays-Bas).
Sont également présents des diplomates des Etats-unis et du Canada, notamment, des représentants de l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), des Barreaux de Paris et francophone de Bruxelles, de la Commission internationale des Juristes, d’Avocats Avocats sans frontières (Pays-Bas), de la Commission internationale des Juristes, de l’Observatoire des droits de l’Homme, de la Commission arabe des Droits de l’Homme. |