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Le désastre judiciaire, mais aussi médiatique occasionné par le procès Abbou en présence d’observateurs internationaux atterrés par le déroulement des évènements, a mis le régime tunisien dans tous ses états.
Les appareils de l’Etat viennent d’être mis en alerte et mobilisés pour venir au secours d’un régime aux abois.
Les journaux de caniveaux se sont lancés au lendemain du procès dans une vraie opération de lynchage organisé contre des avocats qu’ils qualifient de « bandes d’individus égarés ».
Les avocats du RCD, parti au pouvoir, viennent de publier un communiqué dans lequel ils se démarquent « d’une poignée d’avocats qui déshonorent la profession » et à travers lequel ils assurent le président Ben Ali de leur soutien !!
Quant au Conseil Supérieur de la Magistrature, il s’est réuni aujourd’hui en session extraordinaire au siège du ministère de la Justice et des droits de l’Homme, tout en exprimant « sa haute considération au président Ben Ali, président du Conseil Supérieur de la magistrature... », a tenu des propos fermes à l’encontre des avocats appelant les magistrats à prendre « toutes les mesures qui s’imposent » en vue de maintenir l’ordre.
La réponse n’a pas tardé : Faouzi Ben Mrad, avocat au Barreau de Tunis et très en vue jeudi dernier (parmi les 9 avocats qui ont brillamment pris la parole lors du procès Abbou) vient d’être arrêté et condamné à quatre mois de prison ferme par le tribunal de Grombalia pour outrage à magistrat.
La télévision publique n’est pas en reste. Tout en célébrant à sa manière »la journée internationale de la liberté de la presse », elle a fait de larges échos de cette campagne sans précédent contre les avocats solidaires avec leur collègue Mohamed Abbou kidnappé puis condamné à trois ans et demi de prison ferme.
D’autre part, un nombre impressionnant de policiers assiègent depuis hier soir la Maison de l’avocat où continue à se dérouler le Sit-in des avocats commencé sans interruption depuis le 5 avril dernier. Ces derniers s’attendent à une incursion d’une minute à l’autre de policiers déchaînés et grossièrement menaçants.
Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou s’inquiète pour la sécurité des avocats. Il met en garde le régime contre cette escalade dangereuse. Il réclame la libération immédiate et conditionnelle de Mohamed Abbou et de Faouzi Ben Mrad.
Paris, le 03 mai 2005
Imed Daîmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou |